6 outils indispensables en cas de chaos

Il semble que tout le monde ait sa propre idée à propos des kits de survie et des outils indispensables à posséder en cas de chaos. Je dois avoir lu une centaine de listes différentes au cours des dernières années et, en fait, ce que je trouve, ce sont les mêmes idées réitérées à maintes reprises. Avec une constante : les outils préconisés dans ces listes sont souvent peu pratiques – trop lourds ou trop volumineux à porter.

Le choix est immense de nos jours. Pourtant, la question fondamentale, quant à elle, reste la même : qu’en est-il de mes choix si je devais VRAIMENT survivre avec les outils que j’ai prévus d’emporter ?

Les discussions portant sur les outils à prévoir pour les temps de chaos – et les situations de survie en général – figurent parmi celles les plus populaires dans les articles et forums qui traitent du sujet. Même si je dois vous avouer qu’elles ne figurent pas au nombre de celles que je trouve les plus intéressantes, voire les plus utiles, il serait tout de même difficilement concevable pour un survivaliste de les occulter totalement, d’où la raison de cet article.

Cette semaine, nous allons donc parler de 6 outils jugés indispensables par les aficionados de la survie, en particulier ceux qui privilégient la verte comme échappatoire en cas de problème majeur.

Le problème que l’on rencontre dans ce domaine, et qui fait que les avis divergent en permanence, tient au fait que le terme « Survie » dont la plupart des survivalistes parlent sans discernement englobe en fait une multitude de situations diverses et variées. Ils cherchent des solutions universelles, alors qu’il n’en existe pas, ce qui rend les discussions stériles et sans fin.

Pour les spécialistes du bushcraft, les outils d’une trousse de survie seront probablement utilisés à deux fins principales : construire un abri et ramasser de quoi se chauffer. Donc, l’un des plus gros besoins pour ces gens-là sera de pouvoir couper beaucoup de bois, rapidement et facilement. Pour eux, si les outils ne peuvent pas faire cela, alors ils seront essentiellement sans valeur.

Pour un tenant de la survie urbaine, les besoins sont différents. Il faudra des outils plus légers et plus polyvalents, capables de répondre aux différents challenges que ne manquera pas de lui offrir un milieu aussi hétéroclite qu’une « jungle » urbaine. Pour lui, une panoplie d’outils qui ne lui permettrait pas de dévisser un simple écrou serait probablement inutile. Si un bon outil de coupe serait indispensable au premier, il est probable qu’un multitool constitue la base pour le second.

Dès lors, on comprend mieux pourquoi les discussions s’enchaînent sans fin dans les forums, chacun faisant l’apologie d’un certain type de matériel sans voir qu’il ne pourrait en aucun cas couvrir tous les besoins, notamment ceux des survivalistes ayant opté pour une stratégie de survie différente.

En gardant cela à l’esprit, jetons un coup d’œil à quelques catégories d’outils courants et voyons dans quelle mesure ils fonctionneraient dans une situation de survie réelle.

1. Le couteau

Tout le monde s’accorde à dire qu’un bon couteau est l’outil le plus important pour la survie, et je ne vais sûrement pas discuter cette opinion. En fait, les couteaux sont probablement les outils que je possède en plus grand nombre, et que je continue à acquérir régulièrement. Même si je dois leur avouer un penchant personnel, il faut dire aussi qu’il serait impensable d’espérer d’un seul couteau qu’il puisse accomplir à lui seul toutes les tâches qu’implique la survie.

Depuis le modèle de combat jusqu’au couteau de chasse, en passant par le couteau de cuisine, chacun est conçu pour servir dans le domaine qui lui est propre. Demander au second qu’il puisse faire le travail du premier est un non-sens, d’où les éternels débats entre survivalistes.

La première des choses pour le choix de son matériel, est, contrairement à ce que l’on entend souvent, de ne pas considérer le matériel en lui-même ou ses qualités, mais plutôt celui qui est destiné à l’utiliser. A quel type de survie est-ce que je me destine ? Telle devrait être la première question de tout bon survivaliste. Question à laquelle vous devriez répondre, avant même d’investir dans un quelconque matériel.

Si le bushcraft est votre tasse de thé et que vous n’envisagez pas la survie sans un passage obligé dans la verte, alors vous pourrez laisser tomber sans trop de regrets le couteau de combat. Dans ce cas, il vous faudra un gros couteau de chasse « full tang » à lame épaisse et large en équipement principal, comme les Bowies énormes que l’on voit dans les westerns.

Un tel instrument vous permettra de couper, trancher, élaguer des branches au besoin, et vider un animal sans vous en foutre plein les mains. Que l’on aime ou pas, c’est un indispensable lorsqu’on vit dans la nature. Pourtant, si vous parlez d’un tel couteau à un militaire, celui-ci vous dira probablement qu’il est bien trop gros et trop lourd pour servir à quoi que ce soit… d’où les éternels et stériles débats.

Personnellement, j’avoue avoir fait l’impasse sur ce type de couteau, ayant passé l’âge de vivre dans les bois depuis un certain temps. J’ai donc consacré la somme que d’aucun mettrait dans l’achat d’un couteau de chasse à l’acquisition d’un multitool haut de gamme, sachant qu’un tel outil me servirait plus que tous les Bowies du monde.

J’ai eu un certain nombre de couteaux différents à travers les années, ce qui m’a donné de pouvoir juger des qualités qui font un bon couteau de survie. Quel que soit le modèle que l’on aura privilégié, il faudra le choisir de bonne qualité. Plus que tout, cela signifie un acier de qualité, avec une lame pleine de la pointe jusqu’à l’autre extrémité (full tang). Un bon acier restera affûté plus longtemps, ce qui augmentera l’utilité du couteau et réduira la maintenance.

En général, il convient de choisir un couteau plus long en principal, et un plus court en secondaire. Pour les tâches courantes de survie, tout ce qui est trop long est dur à travailler, et tout ce qui est trop court pénalise la rapidité, d’où l’importance d’avoir deux couteaux. Évitez un couteau très effilé, comme un poinçon ou une dague, car la pointe se cassera facilement. Mais assurez-vous d’avoir une pointe car elle peut être utile. Les pointes carrées de type Tonto vous laissent sans la possibilité d’utiliser le couteau comme une alêne.

En second couteau (sans jeu de mots), je préconiserais dans tous les cas un modèle de type Mora, que l’on soit rat des villes ou rat des champs. Un tel couteau à l’avantage d’être fiable et réellement utile dans toutes les tâches de la (sur)vie courante. Armés de leur Bowie et de leur Mora, les bushmen pourraient sans doute se passer d’un couteau pliant, bien qu’un Opinel n° 8 vienne toujours bien et ne prenne pas beaucoup de place au fond d’un sac. Pour les autres, un couteau comme les Glock modèles 78 et 81 constituent des options plus que valables à un coût très raisonnable, doublés d’un Mora voire un couteau pliant.

Pour ce qui est d’un vrai couteau de combat, tout dépend en premier lieu de l’utilisateur. On pourrait dire qu’il n’existe pas de réel standards en la matière. Ainsi, un expert dans le maniement du couteau préférera sans doute travailler avec un modèle très petit, de type Karambit, voire un couteau de botte ou à lame rétractable (OTF), de manière à conserver le plus de rapidité possible et de fluidité dans ses mouvements. Le combattant « ordinaire » pourrait choisir un Fairbairn, un Glock 78 (bien qu’un peu épais au niveau de la lame), un Ka-Bar Us Marine Corps ou autre. Gardez à l’esprit qu’un véritable couteau de combat ne devrait pas être cranté, à l’image du Fairbairn ci-dessous.

La fameuse dague commando Fairbairn

 

2. La scie

Dans la gamme des ustensiles qui brillent par leur irréalisme, le fil à scier tient assurément le pompon. Présentés comme devant obligatoirement faire partie de tout bon EDC qui se respecte, les derniers modèles, sensés être plus performants, intègrent à présent une chaîne, un peu dans le style de celles des tronçonneuses.

Avez-vous déjà essayé de couper une branche d’arbre avec une scie à fil ? Si c’est le cas, alors vous aurez compris ce que je veux dire. Dans le cas contraire, le mieux est probablement d’oublier. De plus, dans une vraie situation de survie, un tel gadget va probablement se casser à la première utilisation. Oubliez également toutes les scies qui font partie d’une lame de couteau ou d’un multitool pour couper du bois ; elles sont juste trop courtes et ne peuvent servir qu’à une utilisation d’appoint, comme couper un cordage ou une canette en alu, par exemple.

Pour résumer, les scies à fil ont toutes cette particularité remarquable de ne servir à rien, du moins dans leur destination d’origine. Par contre, elles sont indispensables au survivaliste adaptable qui saura détourner leur utilisation à son profit. Ainsi, en bushcraft, la meilleure utilisation d’un fil à scier est la chasse. En effet, pour peu que l’on choisisse un modèle solide, un fil à scier fait un excellent collet. En plus, les deux anneaux placés aux extrémités permettent de l’utiliser tel quel, sans aucune modification. En combat urbain, ces mêmes scies constituent une arme efficace pour neutraliser en silence et par derrière un indésirable. Vous l’aurez compris, je n’en dirai pas plus.

Les vrais bushmen pourront ajouter une scie à archet dans leur sac d’évacuation, même si un tel outil est vraiment très grand. C’est à peu près ce qui se fait de mieux en manuel pour couper des branches d’arbres. C’est certainement plus rapide que tout ce que vous pourrez trouver, et coupe avec un minimum d’efforts.

Il existe quelque chose de presque aussi bon : la scie d’élagage. Non pas le modèle qui se place au bout d’un manche, mais plutôt celui qui se plie. Les scies pliantes ressemblent beaucoup à des couteaux de poche surdimensionnés, et possèdent une lame de 20 à 30 cm de longueur. Elles donnent une coupe d’une netteté remarquable. Légères, elles vous permettront de couper une branche d’arbre en quelques secondes, plutôt qu’en une demi-heure de labeur épuisant.

Une autre option est de combiner votre besoin d’une scie avec une machette. Certains fabricants proposent des machettes avec une lame dentée sur le dessus. Même si elles ne coupent pas aussi bien qu’une scie à archet, elles sont presque aussi bonnes que les scies pliantes, du moins pour les modèles bien conçus. Ce qui manque dans la conception des dents et la netteté de la coupe est alors compensé par une lame plus longue. Bien entendu, le travail à fournir sera plus important.

Ces machettes scies peuvent éventuellement convenir pour des utilisations occasionnelles. Mais si vous êtes un vrai bushman, l’acquisition d’une véritable scie à archet ou à élaguer vous épargnera des heures de sueur ainsi qu’un temps précieux.

Un modèle de scie pliable de chez Garrett

 

3. La machette

Puisque nous parlons de machettes, parlons-en. Ceux qui auront utilisé cet instrument dans la vie courante auront pu apprécier son utilité générale, ainsi que sa versatilité. Une machette n’est pas seulement le seul outil que vous pouvez utiliser pour défricher les broussailles et tracer une piste, elle excellera également pour couper les jeunes arbres et les petites branches. Correctement affûtée et utilisée, une machette est meilleure à cet effet qu’une hache.

La machette fera aussi une excellente arme à courte distance, si vous vous trouvez dans une mêlée et avez besoin de quelque chose de mieux qu’un couteau, à condition de ne pas choisir un modèle trop long et trop lourd. Elle vous donnera certainement l’avantage contre le lambda moyen qui brandirait un couteau, tout en vous assurant de gagner la confrontation.

La machette est un outil plutôt léger, beaucoup plus qu’une hachette de qualité et même plus que la plupart des tomahawks. Considérant l’importance de réduire le poids emporté, les quelques centaines de grammes qu’elle vous permettra d’économiser en valent vraiment la peine.

Il existe de très nombreux modèles sur le marché, en particulier depuis le succès de la machette dans les films de zombies. Personnellement, j’aurais tendance à préconiser un modèle « sabre », plus facile à manier. Ceux qui veulent un outil puissant pour le débroussaillage pourront prendre un modèle plus lourd (Bolo), produisant davantage d’inertie. Je trouve celui ci-dessous bien adapté pour une utilisation générale, dont la défense rapprochée :

Un couteau machette de chez Sabatier, fabricant Français,
doté d’une lame de 33 cm (longueur totale 50 cm)

 

4. Hachette et tomahawk

D’une certaine manière, le tomahawk est devenu une option très populaire au sein de la communauté survivaliste. Certes, c’est une arme cool, beaucoup plus cool qu’une hachette. Oui, le tomahawk peut être utilisé comme une arme de mêlée, et, oui, il peut être lancé. Mais si c’était le cas, je ne voudrais pas jeter mon tomahawk et donner l’occasion de fournir une arme à l’ennemi. Notez aussi que le lancer tel qu’on peut le voir dans les films et qui fait s’effondrer les zombies instantanément requiert un entraînement hors du commun pour être efficace, et ne vaut sûrement pas que l’on y perde son temps.

Beaucoup pensent à un tomahawk comme une hachette avec des avantages en plus. Mais un tomahawk ne peut pas faire tout ce qu’une hachette peut faire. La grosse majorité ne peut pas être utilisé comme un marteau, chose que toute bonne hache fait très bien. Sans compter qu’il ne coupe pas le bois aussi bien qu’une scie ou une machette.

En matière de défense, un tomahawk est bien inférieur à une machette qui, elle, offre une surface tranchante beaucoup plus grande pour un poids inférieur. Personnellement, je n’en possède pas, et trouve la forme classique tout à fait inutile. Le seul modèle digne d’intérêt sont à mon sens celui qui offre une tête plate sur les deux, et dont la poignée se termine par un levier, donnant aussi la possibilité de l’utiliser comme pied de biche.

Je n’en ai trouvé qu’un seul qui intègre ces trois attributs. Il s’agit du tomahawk proposé par Gerber le Chinois, qui est sans doute l’un des mieux conçus du marché.

Le tomahawk tactique de Gerber Chine

Notez que ce tomahawk est fabriqué en acier HC420, donc très tendre (sauf la partie marteau qui est soudée à part), et qu’il n’est pas fait pour couper comme une hachette. C’est tout à fait voulu par le constructeur, et c’est très bien ainsi. En effet, ce tomahawk est un outil d’effraction, avant tout destiné à ouvrir des brèches dans des panneaux de bois ou de métal léger. Le fait qu’il ne soit pas aiguisé l’empêche de s’incruster trop profondément dans la matière et de rester coincé, facilitant ainsi son extraction.

Ces qualités ont un prix, particulièrement élevé dans le cas du Gerber : 290 euros ! Une raison supplémentaire à l’origine de mon désintérêt pour cet instrument. Personnellement, je l’ai remplacé par une barre-levier plate de fabrication Allemande de 380 mm en acier forgé et durci qui ne m’aura coûté qu’une vingtaine d’euros…

 

5. La pelle

Quand j’étais militaire, nous avions une pelle (plus communément appelée « outil de tranchée ») dans notre équipement de terrain. Le but principal était de creuser des trous pour y aménager des positions de tir. Considérant l’efficacité de telles positions dans un conflit armé, cela a du sens. Mais avons-nous vraiment besoin de cet outil dans notre sac d’évacuation ?

Une pelle est un instrument très pratique dans tous les cas, y compris pour la survie. Elle servira à creuser des latrines, aménager un foyer, ou une tranchée autour de la tente pour détourner l’eau. Bien que ces tâches pourraient à la rigueur être menées avec un couteau ou un autre outil, le résultat serait sans doute beaucoup plus laborieux.

Ainsi, une pelle fait partie de mon kit, sauf qu’elle a pour vocation de rester dans la voiture. Car dans ce domaine aussi, plus la pelle est longue, mieux c’est. Essayer de creuser une tranchée avec une pelle militaire, et vous comprendrez pourquoi on la destinait exclusivement aux soldats du rang… Si vous voulez absolument trimbaler cet outil avec vous, alors prenez une pelle réglementaire provenant d’un surplus. Les nouveaux modèles qui incluent une scie sur l’un des côtés, voire un sifflet ou même une boussole (!) sont de la pure chinoiserie et ne valent rien.

La pelle pic de l’armée Allemande, probablement la meilleure dans sa catégorie

 

6. Le multitool

Il n’a pas fallu attendre longtemps après leur mise sur le marché pour que les multitools intègrent les kits de survie et autres sacs d’évacuation. Sans doute que leurs utilisateurs y ont vu une amélioration du couteau suisse, ou celle des premiers couteaux polyvalents qu’ils avaient portés chez les Scouts.

Mais il y a une grande différence entre les multitools modernes et les premiers modèles du passé. Aujourd’hui, cet instrument est destiné à rassembler un kit d’outils compact, avec des tournevis et des pinces en plus des lames traditionnelles de couteau et de scie. Bien sûr, ils ne sont pas aussi bon que des outils spécialisés dans chacun de ces domaines, mais ils ont l’avantage de proposer le tout en format réduit, ce qui les rend extrêmement pratique.

Le fait est que si vous êtes du style bushman, vous n’aurez probablement pas besoin de démonter une pièce d’équipement et de la réparer au beau milieu de la verte. Dans ce cas, vous auriez intérêt à le remplacer par un simple couteau Suisse, voire un bon vieux Opinel, qui servira bien davantage.

Pour le survivaliste urbain, le problème est différent. Dans un tel environnement, il est certain qu’un multitool rendra d’innombrables services. C’est d’ailleurs pourquoi je l’ai recommandé dans la liste des équipements tactiques à porter sur soi. Personnellement, j’ai opté pour le Victorinox modèle militaire.

Le modèle militaire de chez Victorinox

Si vous voulez acquérir un multitool, prenez un modèle qui offre une pince valable. C’est l’un de ses principaux intérêts !

Comme pour tous les autres équipements décrits ci-dessus, commencez avant d’acheter quoi que ce soit par vous poser les questions suivantes : pour quelle raison devrais-je transporter cet outil avec moi ? A quoi va-t-il me servir ? Est-il indispensable dans ma stratégie de survie ?

Via : http://survivreauchaos.blogspot.com/2018/04/6-outils-indispensables-en-cas-de-chaos.html

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