La Corée du Nord a annulé les pourparlers au sommet qui devaient se tenir avec la Corée du Sud mercredi 16 mai. En cause: le lancement des exercices militaires américano-sud-coréens Max Thunder qualifiés par Pyongyang de «provocation militaire intentionnelle» violant l’entente convenue lors du sommet intercoréen du 27 avril.

D’après la déclaration des autorités nord-coréennes, les USA et la Corée du Sud ont utilisé près de cent appareils pour travailler une «frappe préventive» contre le territoire nord-coréen. De son côté, le Pentagone affirme que les exercices Max Thunder portaient uniquement sur des scénarios défensifs, écrit jeudi le site d’information Gazeta.ru.
Le refus de participer à la rencontre prévue avec la délégation sud-coréenne a été annoncé par le premier vice-ministre nord-coréen des Affaires étrangères Kim Kye-gwan. Ce dernier a averti que Pyongyang pourrait également renoncer au sommet avec les États-Unis si l’administration de Donald Trump «exigeait que la Corée du Nord renonce à l’arme nucléaire unilatéralement».
«Les autorités sud-coréennes et américaines ont lancé des exercices militaires conjoints d’envergure contre notre République avant que ne sèche l’encre de la déclaration signée pendant le sommet intercoréen historique», stipule le communiqué officiel de Pyongyang.
Comme l’indique l’ancien ambassadeur de Russie en Corée du Sud Gueorgui Kounadze, Pyongyang a toujours réagi très négativement aux exercices américano-sud-coréens traditionnels. D’après Pyongyang, ces manœuvres consistent à travailler des scénarios d’attaque contre la Corée du Nord et ne peuvent être considérées comme une démarche amicale.
Les exercices actuels étaient initialement prévus pour le début de l’année, mais compte tenu de la participation de la délégation nord-coréenne aux JO de Pyeongchang Séoul avait réussi à persuader Washington de reporter les manœuvres. Selon Gueorgui Kounadze, il est parfaitement évident qu’après la récente réunion intercoréenne au sommet et en prévision du sommet américano-nord-coréen, la Corée du Nord espérait qu’aucun exercice n’aurait lieu cette année.
Mais Washington n’avait fait aucune promesse à Pyongyang concernant les exercices américano-sud-coréens.
Les déclarations du ministère des Affaires étrangères de la Corée du Nord sont parfaitement naturelles et prévisibles, estime Dmitri Souslov, directeur adjoint du Centre d’études européennes et internationales du Haut collège d’économie.
«La Corée du Nord a accepté des concessions préalables très sérieuses en renonçant à l’enrichissement d’uranium, en fermant un polygone nucléaire et en principe en acceptant de parler de dénucléarisation, en renonçant aux essais nucléaires, balistiques, et ainsi de suite. Maintenant il s’avère que la Corée du Nord a gelé ses essais, mais les USA n’ont pas gelé leurs exercices. Il était difficile de s’attendre à une autre réaction de la part de Pyongyang», affirme l’expert.
D’après lui, les menaces de Pyongyang ne se refléteront certainement pas sur la position de Washington concernant la question nord-coréenne.
L’expert doute également que la rencontre entre Donald Trump et Kim Jong-un puisse être annulée.
Les opinions exprimées dans ce contenu n’engagent que la responsabilité de l’auteur de l’article repris d’un média russe et traduit dans son intégralité en français.
Source: Sputnik

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