Les 48 volontaires du Loiret qui ont participé le mois dernier à la campagne nationale « J’ai du glyphosate dans mes urines » viennent de recevoir leurs résultats d’analyse. Bilan: tous sont contaminés par cet herbicide potentiellement cancérigène. Une plainte collective sera prochainement déposée.
Le 19 janvier dernier, 48 loirétains, âgés de 12 à 75 ans, vivant en ville et à la campagne, ont accepté de faire analyser leurs urines dans le cadre de la campagne nationale « J’ai du glyphosate dans mes urines et toi ? ». Moins d’un mois après, les résultats viennent donc d’arriver « ils sont probants mais malheureusement pas étonnants » selon Franciska Soler, du comité de pilotage de la campagne glyphosate dans le Loiret : « Tous les volontaires testés sont positifs au glyphosate. »

Un adolescent affiche un taux 25 fois supérieur à la norme
Les taux contenus dans les urines de ces volontaires vont de 0.29 nanogramme par millilitre de sang à 2.55ng/ml. Pour rappel, le taux maximal autorisé dans l’eau du robinet est seulement de 0.1 ng/ ml. « C’est vrai que les comparaisons avec l’eau n’ont rien de scientifique « reconnait Franciska Soler mais  » le test a au moins une valeur statistique et on voit bien que quelque soit l’âge, le lieu de vie et le mode de vie, le glyphosate est partout. »
 

«ça m’a fait un petit choc quand j’ai reçu mon analyse»
Dans le Loiret, le volontaire qui a le plus de glyphosate dans ses urines est un adolescent. Son taux est 25 fois supérieur à la norme autorisée dans l’eau du robinet. « C’est effectivement intriguant » reconnait Franciska Soler « mais, il faudrait pousser plus loin les analyses et là, on n’a pas les moyens financiers ». Thierry Duneau lui aussi fait partie des volontaires les plus contaminés, avec 1.67 ng/ml. Pour cet habitant d’Olivet, « ça a été un petit choc en l’apprenant ». « Ca fait des années que je fais attention à mon alimentation, je prends beaucoup de produits bio donc je ne pensais pas être une personne exposée ». Pour ce volontaire, la suite logique, c’est maintenant d’aller en justice « pour que tout le monde prenne conscience de la dangerosité de ce produit ».

Une plainte collective déposée prochainement

Après cette campagne de prélèvements, les 48 volontaires du Loiret ont prévu de déposer d’ici quelques mois une plainte collective pour « mise en danger de la vie d’autrui », « tromperie aggravée » et « atteinte à l’environnement ». Pour l’instant, aucune date précise n’est avancée. A ce jour en France, plus de 200 plaintes ont déjà été déposées dans le cadre de cette campagne sur le glyphosate. Au niveau politique, le Président Emmanuel Macron s’était engagé pour une sortie du glyphosate en 2021. Mais depuis, il est revenu en partie sur cette promesse en précisant que la « France ne pourrait sans doute pas se passer du glyphosate à 100% d’ici 3 ans. »

Source : France Bleu

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