Dans un livre intitulé “Dans l’enfer de Bercy”, l’ex-ministre de l’Economie est accusé d’avoir pioché dans l’enveloppe de frais de représentation de son ministère pour préparer sa future campagne.

Depuis le lancement de son mouvement En Marche !, suivie de l’officialisation de sa candidature à la présidentielle, une question lancinante tourne autour d’Emmanuel Macron : avec quel argent ? L’ex-ministre de l’Economie se trouve aujourd’hui visé par les accusations des chefs de file des députés LR et UDI, Christian Jacob et Philippe Vigier, qui ont dénoncé mardi son “mensonge” et son “imposture”. En cause, l’utilisation de son enveloppe de frais de représentation, pointée par le livre-enquête “Dans l’enfer de Bercy” (JC Lattès), qui sort cette semaine.

“La démission du gouvernement d’Emmanuel Macron au mois d’août pouvait paraître spontanée. En fait, il semble que le ministre avait intériorisé son départ depuis longtemps. Lorsqu’il a quitté Bercy, le fondateur du mouvement En Marche ! avait déjà utilisé 80% de son enveloppe annuelle des frais de représentation (150.000 euros)”, écrivent les journalistes Marion L’Hour (France Inter) et Frédéric Says (France Culture). “Soit au moins 120.000 euros utilisés en huit mois par le jeune ministre pour ses seuls déjeuners et dîners en bonne compagnie.” “Agapes”

D’après les sources citées par le livre, Emmanuel Macron multipliait les dîners et autres rencontres avec des personnalités ou des anonymes “qui n’avaient pas grand-chose à voir avec les attributions officielles du ministre, économie, industrie et numérique”.

“120.000 euros des crédits du ministre à Bercy (ont été utilisés) pour des agapes En Marche !, pour réunir tel ou tel, pour préparer sa campagne présidentielle”, fulmine Philippe Vigier, qui en appelle à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP). “Franchement, celui qui nous expliquait dans une déclaration que pas un seul euro d’argent public serait utilisé pour sa campagne, manifestement, c’est un mensonge”.

Christian Jacob, patron des députés LR, renchérissait dans la foulée : “Celui qui se prétend aujourd’hui l’ami des grands patrons et des grands médias, […] qui méprise le peuple, […] c’est révélateur. C’est une imposture.”

“Turpitudes”

En cours de son déplacement au Liban, Emmanuel Macron a contre-attaqué ce mercredi auprès de RTL et de Radio France, en appelant “ceux qui diffament” à s’occuper “de leurs propres turpitudes” :

“Il faut que ces parlementaires fassent attention parce que la diffamation a un sens juridique. J’ai toujours respecté les règles de la République avec beaucoup de scrupules.”

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