Il n’est même plus possible de parler d’hypocrisie à propos des agissements de l’ordre mondial actuel et de la façon dont nous nous en accommodons si bien, pour tout ce qui concerne les notions de justice, récompenses et punitions. Ce n’est pas non plus de la schizophrénie, car cela suppose que nous soyons psychiatriquement atteints, et que nous ne soyons conscients ni de nos actes, ni de nos pensées.

Prenons le prix Nobel de la paix par exemple. Nous savons tous qu’il n’a absolument rien à avoir avec la paix, que c’est juste une récompense octroyée à un individu ou un groupe d’individu par un club fermé qui, par ce geste, espère magnifier et ennoblir un comportement ou une attitude qui correspond à ce que les membres de ce club attendent du reste de l’humanité, et surtout, dont ils voudraient qu’il serve à valider une situation existante ou à venir.

Comment réagissons-nous vis-à-vis de ce prix Nobel de la paix ? Nous avons beau savoir qu’il ne récompense en rien la paix, nous ne pouvons néanmoins nous empêcher de lui garder un certain respect, et même une certaine foi. Année après année, déception après déception, nous préférons malgré tout croire à des erreurs quand il est décerné à des fous sanguinaires. Il en est ainsi pour tous les prix et médailles du genre.

Il s’agit ni plus ni moins d’un club très fermé, le moins respectable de la planète, qui s’auto-congratule et distribue à ses membres ou à ceux qu’il distingue autour de lui pour services rendus tous les prix, médailles et postes honorifiques, les médias se chargeant ensuite d’universaliser l’évènement. Ces distributions se font par rotation, jouant avec les ambitions individuelles et naviguant à travers les influences des groupes qui composent le club.

Nous avons vu ainsi donner la légion d’honneur à un prince saoudien, le prix Nobel de la paix à Obama, le Prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix à Hollande, qui se voit aussi octroyer celui d’homme d’Etat mondial de l’année 2016, après son ex-homologue britannique David Cameron. Nous avons également vu des pays aussi éloignés des droits de l’Homme qu’Israël et l’Arabie Saoudite nommés dans des instances de l’ONU, le premier à la présidence de la commission chargée des questions juridiques (droit international) et la deuxième à la présidence du panel du Conseil des droits de l’homme. La liste de ces distributions serait trop longue à énumérer.

Ce club ne jugera jamais ses membres pour des actes commis en son nom ou à son profit, mais ne tolèrera aucune atteinte à ses intérêts, d’où qu’elle vienne. Pour défendre ses intérêts, il dispose d’un immense arsenal de répression, d’intimidation et de coercition contre quiconque s’aventurerait à y porter atteinte. Dans cet arsenal, il y a les organes judiciaires internationaux qui pourront être utilisés contre toutes les fortes têtes extérieures au club. La justice au niveau international relève, c’est un constat, d’un paradigme simple : ne doivent être jugés dans les tribunaux internationaux que les faits, réels ou non, commis par ceux qui sont extérieurs au club, les problèmes internes étant réglés en famille.

On comprend dès lors l’appel impudique de la France, le Royaume Uni et les Etats-Unis à juger la Syrie et la Russie pour crimes de guerre. Ces deux pays ne faisant pas partie du club, François Hollande trouve tout à fait naturel, sans honte aucune, de parler de crimes de guerre sans même détenir le moindre commencement d’une preuve, alors que les preuves de massacres par ses bombes et celles de ses amis du club ne manquent pas et sont connues de tous. D’où vient cette attitude mégalomaniaque si ce n’est du fait que lui et ses semblables ont intériorisé un complexe de supériorité à la limite du pathologique ?

Ce n’est même plus de la géopolitique, c’est du fanatisme messianique de personnes qui estiment être sur terre pour dominer le reste du monde. Barack Obama n’arrête pas de nous marteler l’exceptionnalisme de son pays. En fait c’est tout le club qui se sent exceptionnaliste. François Hollande a endossé l’habit de l’exceptionnalisme en Europe et se croit investi d’une mission, mission de perroquet certes, mais qui engage profondément la France dans des voies dont tout le monde peut voir qu’elles aboutissent à des impasses.

Sourcereseauinternational
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