Non content d’avoir un hymne national maçonnique commandé par un illuminati, cette lettre d’un repenti franc-maçon confirme que la révolution française était également un pur produit de la secte des illuminés de Bavière:

Franc-maçonnerie et les illuminés de Bavière

“Plusieurs historiens affirment que la Révolution française et la mort de Louis XVI avaient été décidées aux convents maçonniques d’Ingolstadt (1784) et de Francfort (1785). L’opinion de Barruel sur ce point est confirmée par Cadet de Gassincourt, ancien F.M. Plusieurs membres de la secte ont fait à cet égard des déclarations formelles, entre autres MM. de Raymond, de Bouligny et Jean Debry…

Un autre argument est l’aveu que le Père Abel a recueilli de la bouche de son aïeul : celui-ci a déclaré regretter son vote régicide au Convent qui a décidé la mort de Louis XVI… Quant au Rapport de Haugwitz, il n’a pas encore été réfuté, croyons-nous. Et là il s’agit d’une pièce officielle émanant d’un ancien franc-maçon, confident du roi de Prusse et affirmant la condamnation de Louis XVI en 1784… Chargé par le roi de de Prusse d’un rapport sur les sociétés secrètes, il écrit : « La Révolution française et le régicide, ont été résolus par la Franc-maçonnerie » Bertrand Acquin]”.

Voici le contenu de la lettre en question du comte Christian von Haugwitz qui évoque la frange classique de la franc-maçonnerie et celle dirigée par les illumati. Étant donné qu’il affirme ne pas avoir de secret ni pour l’une ni pour l’autre, cela veut bien dire ce que ça veut dire. Le prince Brunswick, évoqué plus bas, était l’une des têtes pensantes des illuminés de Bavière.
” Arrivé à la fin de ma carrière, je crois qu’il est de mon devoir de jeter un coup d’œil sur les sociétés secrètes, dont le poison menace l’humanité aujourd’hui plus que jamais. Leur histoire est tellement liée à celle de ma vie que je ne puis m’empêcher de la publier encore une fois et de vous en donner quelques détails.

« Mes dispositions naturelles et mon éducation avaient excité en moi un tel désir de la science que je ne pouvais me contenter des connaissances ordinaires, je voulus pénétrer dans l’essence même des choses ; mais l’ombre suit la lumière ; ainsi une curiosité insatiable se développe en raison des nobles efforts que l’on déploie pour pénétrer plus avant dans le sanctuaire de la science. Ces deux sentiments me poussèrent dans la Société des francs-maçons.

« On sait combien le premier pas qu’on fait dans l’Ordre est peu de nature à satisfaire l’esprit. C’est là précisément le danger qui est à redouter pour l’imagination si inflammable de la jeunesse. A peine avais-je atteint ma majorité que déjà non seulement je me trouvais à la tête de la Maçonnerie, mais encore j’occupais une place distinguée au chapitre des hauts grades. Avant de pouvoir me connaître moi-même, avant de comprendre la situation où je m’étais témérairement engagé, je me trouvais chargé de la direction supérieure des réunions maçonniques d’une partie de la Prusse, de la Pologne et de la Russie. La Maçonnerie était alors divisée en deux partis dans ses travaux secrets. Le premier plaçait dans ses emblèmes l’explication de la pierre philosophale ; le déisme et même l’athéisme étaient la religion de ses sectaires ; le siège central de ses travaux était à Berlin, sous la direction du docteur Zinndorf.

« Il n’en était pas de même de l’autre parti, dont le prince F. de Brunswick était le chef apparent. En lutte ouverte entre eux, les deux partis se donnaient la main pour parvenir à la domination du monde, conquérir les trônes, se servir des rois comme de l’Ordre ; tel était leur but. Il serait superflu de vous indiquer de quelle manière, dans mon ardente curiosité, je parvins à devenir maître du secret de l’un et de l’autre parti ; la vérité est que le secret des deux sectes n’est plus un mystère pour moi. Ce secret me révolta.

« Ce fut en 1777 que je me chargeai de la direction d’une partie des loges prussiennes – trois ou quatre ans avant le couvent de Willhemsbad et l’envahissement des loges par l’Illuminisme – ; mon action s’étendit même sur les Frères dispersés dans la Pologne et la Russie. Si je n’en avais pas fait moi-même l’expérience, je ne pourrais donner d’explications plausibles de l’insouciance avec laquelle les gouvernements ont pu fermer les yeux sur un tel désordre, un véritable status in statu ; non seulement les chefs étaient en correspondance assidue et employaient des chiffres particuliers, mais encore ils s’envoyaient réciproquement des émissaires. Exercer une influence dominatrice sur les trônes et les souverains, tel était notre but, comme il avait été celui des chevaliers templiers.

« Il parut un écrit ayant pour titre : Erreurs et vérités. Cet ouvrage fit grande sensation et produisit sur moi la plus vive impression. Je crus d’abord y trouver ce qui, d’après ma première opinion, était caché sous les emblèmes de l’Ordre ; mais, à mesure que je pénétrai plus avant dans cet antre ténébreux, plus profonde devint ma conviction que quelque chose de toute autre nature devait se trouver dans l’arrière-fond. La lumière devint plus frappante lorsque j’appris que Saint-Martin, l’auteur de cette publication, devait être et était réellement l’un des coryphées du Chapitre de Sion. Là se rattachaient tous les fils qui devaient se développer plus lard, pour préparer et tisser le manteau des mystères religieux dont on s’affublait pour donner le change aux profanes.

« J’acquis alors la ferme conviction que le drame commencé en 1788 et 1789, la Révolution française, le régicide avec toutes ses horreurs, non seulement y avaient été résolus alors, mais encore étaient le résultat des associations et des serments. Que ceux qui connaissent mon cœur et mon intelligence jugent de l’impression que ces découvertes produisirent sur moi !

« De tous les contemporains de cette époque, il ne me reste qu’un seul… Mon premier soin fut de communiquer à Guillaume III toutes mes découvertes. Nous acquîmes la conviction que toutes les associations maçonniques, depuis la plus modeste jusqu’aux grades les plus élevés, ne peuvent se proposer que d’exploiter les sentiments religieux, d’exécuter les plans les plus criminels, et de se servir des premiers comme manteaux pour couvrir les seconds. Cette conviction, que le prince partagea avec moi, me fit prendre la ferme résolution de renoncer absolument à la Maçonnerie. Mais il parut plus sage au prince de ne pas rompre tout lien avec elle. »

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