• Depuis 34 ans, les bénévoles toulousains du Secours populaire offrent place du Salin des petits-déjeuners.
  • La municipalité parle d’« un quiproquo administratif ».

Le Secours populaire de Haute-Garonne permet à des enfants de partir en vacances, fournit toute l’année des vêtements à ceux qui n’en ont pas. Et tous les dimanches matin depuis 34 ans, ses bénévoles toulousains offrent place du Salin une centaine de petits-déjeuners aux personnes dans la précarité, pour qui ce sera peut-être le seul repas de la journée.

Ce rendez-vous est une institution. Depuis plusieurs mois, les bénéficiaires ont aussi la possibilité de se doucher grâce à la présence du camping-car de l’association Camion douche.

Alors, quand les policiers municipaux ont débarqué ce dimanche pour verbaliser les deux associations pour occupation illégale du domaine public, cela a un peu cassé l’ambiance conviviale qui règne sur ce petit bout de place.

https://twitter.com/BeaulieuBap/status/935060271428788224?ref_src=twsrc^tfw&ref_url=http%3A%2F%2Fwww.20minutes.fr%2Ftoulouse%2F2176659-20171127-toulouse-police-municipale-dresse-pv-associations-viennent-aide-abri

Plus de 24 heures après, Christian « Kiki » Puech, le responsable de la distribution au Secours populaire, n’en revient toujours pas. Il fulmine et a décidé de partager son sentiment sur son blog, relayé sur les réseaux sociaux.

« Il y a toujours eu un accord tacite avec la municipalité pour que nous puissions nous installer place du Salin. Il y avait des travaux programmés. Les places de parking ont été supprimées et des barrières installées. Pour pouvoir continuer à venir le dimanche matin, nous avons demandé à la mairie un double des clés qui nous a été remis », raconte le bénévole à 20 Minutes.

Courrier et demande de dialogue

Les travaux n’ont toujours pas débuté, mais il y a environ trois semaines, la police municipale les prévient qu’ils occupent illégalement la place et annonce qu’elle reviendra pour les verbaliser. Du coup, le Secours populaire se fend d’un courrier auprès des services concernés « pour officialiser tout ça ».

Dimanche, la police municipale est revenue, au grand dam des associations qui soupçonnent certaines associations de riverains de vouloir faire place nette. « Cela aurait été plus simple d’envoyer quelqu’un pour discuter », relève Christian Puech.

Depuis les critiques se multiplient sur les réseaux sociaux.

« Un quiproquo administratif » selon la mairie

Pour la municipalité, contactée par 20 Minutes, il s’agit d’« un quiproquo administratif ». La réglementation concernant l’occupation du domaine public a changé, selon la collectivité, et la communication de ces nouvelles mesures n’a pas été faite en temps et en heure auprès des associations. La police municipale l’a fait appliquer ce dimanche alors que l’association avait envoyé un courrier la semaine dernière.

Daniel Rougé, adjoint au maire aux solidarités, et Oliver Arsac, élu en charge de la police municipale, voulaient rapidement recevoir les associations pour régler le problème.

Après l’émoi et les critiques suscités par cette affaire, ils l’ont fait dès ce mardi. Les élus ont indiqué aux responsables des associations « qu’ils pouvaient continuer la distribution de petits-déjeuners le dimanche matin, Place du Salin, durant la période hivernale », indiquait mardi soir la Mairie dans un communiqué, précisant qu’elle ne donnerait pas suite aux PV.

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