Le dirigeant nantais aurait pu revendre sa PME «deux à trois fois plus cher» à un concurrent ou à un fond de pension. Une option «inenvisageable» qui aurait conduit «inévitablement à des licenciements» estime-t-il.

À l’approche de la retraite, Eric Belile, chef d’entreprise de 56 ans, aurait pu choisir de vendre son entreprise «deux à trois fois plus cher» à un concurrent ou à un fonds de pension. Mais le patron de La Générale de bureautique, entreprise de bureautique installée à Nantes et créée il y a 26 ans, a choisi de céder sa société à cinq de ses salariés. Une décision plutôt rare motivée par les «valeurs humaines de l’entreprise» qui lui sont chères. «Je leur dois bien ça, raconte-t-il au quotidien Ouest-France. Pour moi, il est naturel que l’entreprise reste au personnel: on a bâti le projet ensemble. Ce n’est pas une démarche altruiste, c’est un juste retour des choses.» «Vendre à un autre groupe, ça signifiait licencier. C’était pour moi inenvisageable», souligne-t-il auprès du Figaro.

Engagée il y a deux ans, cette transmission va se faire progressivement. «J’en ai encore pour sept ans. Mais ça vaut le coût. J’y crois» glisse-t-il. Concrètement, la transmission se fait par le biais d’un LBO. Il s’agit d’un montage juridico-financier qui a permis aux salariés d’emprunter pour racheter l’entreprise, même s’ils n’ont pas les fonds suffisants. Au total, les cinq repreneurs ont investi 250.000 euros pour la reprise. Pour leur permettre d’obtenir les prêts nécessaires auprès des banques, Éric Belile a dû réinjecter à titre personnel 2 millions d’euros. Le patron s’est également engagé à ne pas prendre de dividendes durant cette période de transition et à former ses cadres repreneurs.

Du côté des employés, l’attitude du patron impose le respect. «Y’en a plein qui auraient pris le pognon. Lui il préfère nous soutenir», confie l’un d’entre eux à Ouest-France. Si les affaires continuent de marcher, ces derniers hériteront d’une société de 45 salariés actuellement, répartie sur 4 agences en Bretagne et Pays-de-Loire, au chiffre d’affaires de 10 millions d’euros, et qui a connu une croissance de l’ordre de 25% sur l’année 2016.

30% des dirigeants de PME prêts à céder leur entreprise à leurs salariés

Si les patrons préfèrent généralement revendre leur entreprise à un tiers ou la céder à leurs enfants, 30% des dirigeants de PME envisagent une reprise par un ou plusieurs salariés, selon une étude de l’Observatoire CNCFA-Epsilon de 2013 sur la transmission d’entreprises. Mais dans les faits, la reprise de PME par les salariés reste une opération rare, et mal mesurée. La démarche est pourtant encouragée par la loi Hamon sur l’économie sociale et solidaire qui oblige les patrons à informer au préalable les salariés de tout projet de vente de l’entreprise, sous peine d’amende.

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Vialefigaro
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