BFM titre Vers une crise économique mondiale ?

Les crises successives depuis le début de la pandémie de Covid-19 font planer une menace sur l’économie mondiale. Certains pays ne devraient pas échapper à la récession dans les prochains mois.

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Au cours de son allocution au ton grave, le chef de l’État a dit croire « que ce qu’on est en train de vivre est de l’ordre d’une grande bascule ou d’un grand bouleversement » du monde.

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Dans la foulée, le Haut-commissaire au Plan François Bayrou a dit être sur la même ligne qu’Emmanuel Macron, allant jusqu’à craindre « la crise la plus grave que la France ait connu depuis la guerre ». Catastrophisme ou lucidité ? L’avenir le dira.

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Inflation mondiale

La hausse généralisée des prix touche désormais toutes les régions du monde : 8,9 % en zone euro en juillet sur un an, 10,1 % au Royaume-Uni, 8,5 % aux Etats-Unis, 7,8 % en Afrique du Sud. Des niveaux jamais vus depuis plusieurs dizaines d’années. En Asie, l’inflation demeure modérée mais accélère mois après mois. Elle s’est notamment établie à 2,7 % en Chine en juillet et à 2,3 % au Japon.

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Au final, l’inflation devrait atteindre 6,6 % en moyenne dans les pays développés cette année et 9,5 % dans les pays émergents, selon les prévisions du FMI. Soit une révision à la hausse de 0,9 et 0,8 point par rapport aux dernières prévisions. L’institution monétaire s’attend également à ce qu’« elle reste élevée plus longtemps ».

Flambée des prix de l’énergie et risque de pénurie en Europe

Pétrole, gaz, électricité… Les prix de l’énergie ont atteint des sommets ces derniers mois. Entamée au second semestre 2021 sur fond de forte reprise de l’économie mondiale, l’envolée s’est accentuée avec la guerre en Ukraine. Le prix du gaz naturel européen en particulier a explosé et été multiplié par quatre (+315 %) depuis le début de l’année. Mercredi, il a dépassé brièvement les 300 euros le mégawattheure, un niveau plus vu depuis le record historique enregistré en mars, au début de l’invasion russe en Ukraine.

En cause, l’annonce par Gazprom d’une suspension complète de l’approvisionnement de l’Europe en gaz via Nord Stream 1 pour une période de trois jours du 31 aout au 2 septembre. Les prix ont également été soutenus par les conditions climatiques en Europe, entre sécheresses et vagues de chaleur, « ce qui a entraîné une augmentation de la demande d’énergie pour le refroidissement de l’air », expliquent les analystes de Société Générale.

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Cette récente flambée des cours a également provoqué un envol des prix de l’électricité pour l’année prochaine en France comme en Allemagne, sans atteindre les records historiques atteints plus tôt dans la semaine. Désormais, le Vieux continent qui cherche à se passer du gaz russe se prépare à un hiver difficile. Dans plusieurs pays européens, des restrictions de consommation d’énergie ont d’ores et déjà été mises en place pour limiter le risque de pénurie. En France, alors qu’Emmanuel Macron a évoqué la « fin de l’abondance », « un grand plan de sobriété » sera présenté prochainement.

Des prévisions de croissance révisées à la baisse

Fin juillet, le FMI a mis ses prévisions de croissance à jour, avec un constat clair : « les trois plus grandes économies du monde (États-Unis, Chine, Zone euro) marquent le pas, et les conséquences pour les perspectives mondiales sont importantes ». L’institution de Washington table ainsi sur une croissance mondiale 3,2 % cette année et 2,9 % en 2023, soit une dégradation de 0,4 et 0,7 point par rapport aux prévisions d’avril.

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À cela s’ajoute le resserrement des politiques monétaires qui devraient accentuer le ralentissement de l’économie mondiale. Voire faire entrer certains pays en récession. D’ailleurs, même si le sujet fait débat outre-Atlantique, les États-Unis sont déjà techniquement en récession déjà puisque l’économie américaine s’est contractée durant deux trimestres consécutifs.

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La zone euro échappe encore à la récession. Mais Bruno Le Maire lui-même n’a pas écarté l’hypothèse d’une dégradation sérieuse de l’activité dans les mois qui viennent : « Tout va dépendre des décisions de Vladimir Poutine sur le gaz. Si jamais il décide de couper le gaz pour l’UE et la zone euro, nous évaluons l’impact sur la croissance, pour la seule France, à un demi-point de PIB, et sans doute davantage pour d’autres économies plus dépendantes du gaz russe que nous », a déclaré le ministre de l’Économie mercredi sur France 5. « C’est sur la question du gaz russe que se jouera une partie de la croissance en Europe dans les mois qui viennent », a-t-il ajouté.

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Les derniers indices PMI de la France, publiés mercredi, se sont avérés moroses. En août, l’indice PMI composite, qui englobe l’activité dans les services et l’industrie, est tombé à son plus bas niveau depuis 18 mois à 49,8.

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Les chiffres dans l’ensemble de la zone euro ne sont pas meilleurs. L’indice PMI Composite d’août pour la zone euro est tombé à un plus bas de 18 mois également pour la zone euro, à 49,2. Les économistes de la banque Barclays soulignent toutefois que la France est le pays qui a subi la plus forte détérioration en août. Au vu de ces indicateurs, l’établissement britannique a confirmé qu’il tablait sur une entrée en récession de la zone euro au second semestre.

Risque de crise alimentaire

Mercredi, le programme alimentaire mondial (PAM) a alerté sur l’augmentation spectaculaire du nombre de personnes confrontés à une insécurité alimentaire aiguë depuis la crise du Covid-19. Ils seraient aujourd’hui 345 millions, contre 135 millions il y a trois ans.

Un bond lié aux conséquences de la pandémie, du changement climatique (sécheresses, inondations) et de la guerre en Ukraine qui tire les prix alimentaires mondiaux et ralentit les exportations vers les pays d’Afrique et du Proche-Orient.

« Le monde ne peut tout simplement pas se permettre cela », a déclaré Corinne Fleischer, directrice régionale du PAM. (…) « Nous sommes donc très inquiets de l’effet cumulatif du COVID, du changement climatique et de la guerre en Ukraine », a-t-elle ajouté.

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