Inutile de revenir sur l’historique de la guerre ou des guerres israélo-palestiniennes, en vérité, cela dure depuis 1947, date à laquelle le plan de partage de la Palestine en deux États a été adopté par l’ONU. Sauf que, depuis, les Israéliens, se basant sur leur supériorité militaire, ont grignoté, colonisé, volé des territoires au point que la Palestine est réduite à moins de 10 % de sa surface initiale. Ce schéma, tragiquement célèbre, vaut tous les discours :

Après la « Nakba » de 1948 (la fuite et la déportation de 750 000 Palestiniens dans les pays limitrophes), la guerre de 1967, celle de 1973 et les incessantes guerres du Liban, où nombre de Palestiniens s’étaient réfugiés, la persécution des Palestiniens n’a jamais cessé. La liste des entorses à la justice internationale ou aux règlements de l’ONU dépasse l’entendement, mais les sionistes poursuivent leur rêve fou, qui les met en porte-à-faux avec le monde entier, ou presque : coloniser toute la Palestine, et réaliser le Grand Israël en détruisant leurs voisins arabes, qui sont aussi leurs ennemis.

Après le Liban, qui se relève toujours mais de plus en plus douloureusement, l’Irak, par deux fois et par le truchement de l’Amérique, bonne fille toujours prête à faire le sale boulot pour Israël, la Syrie, et l’Iran, c’est tout le proche-Orient qui a été incendié ou qui s’est enflammé à cause du rêve sioniste, ce cauchemar pour tous. Et depuis quelques jours, entre le Ramadan des Palestiniens et la fête de la prise de Jérusalem-Est par les juifs, c’est à nouveau le cycle infernal, roquettes d’un côté, bombardements massifs de l’autre.

La communauté internationale compte les morts (la presse parle de 50 à 60 victimes à Gaza ce 12 mai 2021, dont de nombreux enfants), mais cela ne veut plus rien dire, tant le conflit semble inextricable. La victoire militaire israélienne est comme toujours acquise, sa défaite politique et morale aussi. Pour éviter de faire le comptage macabre des morts, entre le jeune soldat israélien victime d’un missile et les civils ou les chefs du Hamas écrasés sous les bombes, nous allons nous intéresser aux répercussions du conflit en France, pays en première ligne du fait de sa configuration démographique et politique particulière.

Nous sommes théoriquement la patrie des droits de l’homme, des libertés (enfin, nous étions, jusqu’à la dictature sanitaire de mars 2020), nous sommes donc portés à soutenir les victimes du totalitarisme ou des violences dans tous les pays où des hommes se battent pour leur liberté. Nous avons en outre sur notre sol une forte population musulmane, la plus importante d’Europe, une communauté acquise au camp palestinien, mais, car il y a un mais, tout cela dans un système médiatico-politique acquis au sionisme. C’est pourquoi, et nous allons le voir, si le Français d’en bas n’aime pas que le fort écrase le faible, le Français d’en haut trouve cela très juste, ou du moins s’en arrange.

On va commencer par le sioniste le plus grossier de France, Manuel Valls, un ancien pro-palestinien retourné par le CRIF, et propulsé, malgré sa fragilité nerveuse, au premier plan de la nation au printemps 2014. Comme tous les repentis, il ne donne jamais assez de gages à son nouveau camp.

Pour dénoncer les violences du Hamas contre Israël, l’ancien Premier ministre des années de sang (2015-2016) a utilisé une photo de bombardement israélien sur Gaza, les roquettes lancées par les militants du Hamas faisant nettement moins de dégâts (sur les 1000 envoyées, 750 ont été interceptées par le « dôme de fer »).

On pourra discuter longtemps de la « démocratie » israélienne qui massacre des civils et arrange son droit pour persécuter une population, mais il y a longtemps que le pauvre Valls n’est plus accessible à la raison.

Plus embêtant, mais pas moins logique, est la réaction de Marine Le Pen, que le mage Attali voit gagner la prochaine élection présidentielle :

La présidente du RN n’est pas seule, à droite, à valider les massacres israéliens, inversant très hypocritement le rapport de forces réel.

« Attaquer Israël, c’est attaquer la démocratie », estime Éric Ciotti. « Les terroristes ne vaincront pas », a tweeté son collègue Guillaume Larrivé, tandis que Constance Le Grip a réaffirmé son « soutien à Israël », condamnant les attaques du Hamas. Le maire LR de Nice Christian Estrosi a lui « dénoncé avec force une partie de la presse qui propage fake news et infos malveillantes à l’égard d’Israël ». (Sputnik)

Heureusement, et parce que la diplomatie française fait croire que les torts sont partagés entre le petit et le grand, le faible et le fort, Moscou a réagi avec plus de clarté et de vigueur par la voix de Verchinine, le vice-ministre des Affaires étrangères :

« Nous pensons que les tentatives d’Israël de changer le caractère géographique, démographique et historique et le statut de la ville sainte de Jérusalem sont illégales, et nous préconisons une cessation immédiate et complète de toutes les activités de colonisation dans les territoires palestiniens occupés conformément à de nombreuses décisions de l’Assemblée générale et du Conseil de sécurité des Nations unies. »

L’ONU a bien sûr pondu son communiqué d’indignation habituel, le même depuis une cinquantaine d’années, communiqué sur lequel les autorités militaires de Tel Aviv pissent allègrement. Tous les regards se tournent alors vers les États-Unis et Biden : son aile gauche, qui le porte à soutenir les Palestiniens et à contrer le pro-sionisme (apparent) de Trump, pèsera-t-elle face à ses « sponsors » ? Car on sait que le gouvernement Biden est lourdement infiltré par les sionistes dits de gauche.

En attendant, les médias comptent les morts, le renseignement israélien essaye à toute vitesse de décapiter la direction militaire du Hamas, et l’envoyé spécial de Netanyahou en France bascule une fois de plus dans le délire et le mensonge. David Guiraud, de La France insoumise, lui oppose les arguments de l’ONU.

Heureusement, la communiste Elsa Faucillon sauve l’honneur national.

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