Alors que les cas de chevaux et autres animaux mutilés dans les prés s’accumulent depuis cet été, les conclusions des premières enquêtes laissent sceptiques les éleveurs.

En effet, sur les 460 cas recensés par l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique (OCLAESP), à peine plus de 80 ont été considérés comme n’étant pas dus à des causes naturelles ou accidentelles, rapporte Le Figaro.

Dans une très grande partie, les coupures, yeux arrachés ou oreilles coupées s’expliqueraient donc par des attaques d’animaux sauvages ou des actes commis par les chevaux eux-mêmes. Un clou dépassant d’une clôture, une sortie de box agitée… Plusieurs éléments sont avancés par les forces de l’ordre. Un colonel de gendarmerie rappelle également à Ouest France le cas d’une jument retrouvée morte avec le train-arrière ensanglanté, dont un vétérinaire avait conclu à des mutilations, mais qui s’avérait en réalité être la conséquence d’une «occlusion intestinale ayant entrainé une perte de sang post-mortem».

LA PISTE DES DÉVIANCES SEXUELLES

Finalement, seulement «20% des violences constatées peuvent être imputées à la main de l’homme», affirme le ministère de l’Intérieur. Un ratio qui laisse sceptiques bon nombre de propriétaires et d’éleveurs. «Vous pensez que ce sont des blaireaux (qui ont attaqué le cheval) ? Une coupure si nette et si cruelle ? C’est impossible», réagit l’un d’eux. «Ils font erreur», ajoute une autre, indiquant qu’elle allait continuer à veiller sur ses bêtes.

Et si certains acceptent des cas où l’animal a effectivement pu se blesser tout seul, ils restent convaincus que beaucoup de mutilations ne sont réalisables que par une personne : «vu comme c’était fait, seul un humain peut opérer de cette façon», explique l’un d’eux. Les autorités reconnaissent d’ailleurs elles aussi que des individus s’en prennent aux chevaux. Un premier «portrait-robot» de ces agresseurs avérés a même été dressé, indique le ministère de l’Intérieur au Figaro : «il s’agit principalement de déviances sexuelles avec des actes de zoophilie».

De leur côté, les enquêteurs poursuivent les investigations, au fur et à mesure des cas signalés. Que ce soient de leur côté ou sur les groupes de soutien aux éleveurs, le nombre d’alertes est en baisse, remarquent-ils.

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