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Coronavirus : Singapour durement frappé par une deuxième vague

Il y a un mois, le monde voyait Singapour tel un exemple dans la manière d’appréhender avec succès la pandémie de coronavirus, qui plus est sans confinement. Depuis, le pays a été durement touché par une deuxième vague de contaminations, avec notamment plus de 940 nouveaux cas recensés samedi et plus de 590 dimanche. Comment cela a-t-il pu arriver?

Au 17 mars, Singapour comptait à peine 266 contaminations, selon les chiffres de l’université Johns Hopkins. Dimanche, le compteur a franchi la barre des 6.500 cas, bilan le plus élevé d’Asie du Sud-Est.

L’avantage de base de Singapour, territoire restreint de quelque 700 km², est que le pays ne compte qu’une frontière terrestre et peut facilement contrôler les arrivées des vols. Les soins de santé y sont en outre excellents. Les patients contaminés n’étaient pas placés en quarantaine à domicile mais ne pouvaient quitter l’hôpital avant d’avoir été testés négatifs. Le testing était large et des cas suspectés ont aussi été placés en quarantaine. Ces facteurs étaient au départ suffisants pour freiner l’épidémie. Mais la situation a changé. Selon la chaîne américaine CNN, les causes seraient à chercher du côté de la non-détection de foyers d’infections, des conditions de vie des travailleurs migrants entassés en dortoirs et de la vitesse sous-estimée de la propagation. Des 596 cas de dimanche, à peine 25 sont Singapouriens ou disposent d’un permis de séjour permanent. Les centaines d’autres sont des travailleurs étrangers.

Le succès initial de l’approche singapourienne reposait donc sur deux piliers: les infections externes étaient évitées et les nouvelles contaminations devaient être rapidement et efficacement traitées. Mais en dépit des tests, Singapour a vraisemblablement manqué d’importants foyers. Sans lockdown, le coronavirus a donc eu le champ libre, notamment dans les complexes de logement surpeuplés des migrants.

Bon nombre de ces logements où la distanciation sociale est impossible, déjà décrits comme des “bombes à retardement”, ont désormais été placés en quarantaine et les autorités veulent tester les travailleurs.

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