in

Des athlètes Français affirment avoir été contaminés à Wuhan dès octobre, le Ministère des armées leur interdit de parler

Elodie Clouvel, vice-championne olympique de pentathlon moderne, a affirmé avoir contracté une maladie similaire au coronavirus en octobre dernier à Wuhan, lors des Jeux militaires mondiaux. Mais le ministère des Armées assure n’avoir reçu aucun signalement d’athlètes malades lors de cette compétition.

La championne du monde de pentathlon moderne (et vice-championne olympique à Rio en 2016) a affirmé lors d’un entretien fin mars à la chaîne locale Télévision Loire 7, exhumé par Le Parisien, qu’elle pensait avoir été contaminée avec son compagnon Valentin Belaud, pentathlète lui aussi, lors de ces Jeux auxquels ils participaient au sein de la délégation française.

L’AFP a pu consulter en ligne deux versions de cette interview, dont une où la partie en question a été coupée. « Je pense qu’avec Valentin on a déjà eu le coronavirus, enfin le Covid-19, parce qu’on était à Wuhan pour les Jeux mondiaux militaires fin octobre. Et en fait, il s’avère qu’après les Jeux mondiaux militaires on est tous tombés malades avec les mêmes symptômes. Valentin a loupé trois jours d’entraînement. Moi j’ai été malade aussi. J’avais une grosse conjonctivite (…) c’était trop bizarre… j’avais eu des trucs que j’ai pas eus avant. »

« On ne s’est pas plus inquiété que ça parce qu’on n’en parlait pas encore, mais c’est vrai qu’on rentrait de Wuhan et c’est à ce moment là que le virus s’est développé et on a commencé à en parler », ajoute Élodie Clouvel. « Il y a beaucoup d’athlètes des Jeux mondiaux militaires notamment qui ont été très malades. On a eu un contact avec le médecin militaire récemment qui nous a dit ‘je pense que vous l’avez eu parce qu’il y a beaucoup de gens qui ont été malades de cette délégation’. »

Un autre athlète militaire français sous couvert d’anonymat a confirmé à BFM TV être également tombé malade (fièvre, courbatures importantes) et avoir dû être alité pendant trois jours à son retour de Chine. Selon BFM TV, aucun sportif français n’a été testé après Wuhan, et il n’est pas prévu qu’ils le soient à l’avenir. « On nous dit : ‘il n’y a pas de risque, vous êtes repartis le 28 octobre et le virus est arrivé le 1er novembre' », précise un autre athlète anonyme au Parisien.

Une communication verrouillée par le ministère des Armées Mais depuis ses déclarations, les athlètes ne peuvent plus s’exprimer publiquement. Le ministère a demandé aux quelque 400 membres de la délégation présente en Chine de garder le silence.