Didier Raoult attaque les lobbys pharmaceutiques et dénonce le rôle des médias dans la crise


Dans un entretien au Figaro, Didier Raoult dresse le bilan de son action contre le Covid-19, affirmant ne pas regretter ses propos sur l’évolution de l’épidémie ou sur l’efficacité de la chloroquine. Il dénonce le rôle des médias et des lobbys pharmaceutiques dans la confusion qui règne autour du virus.

Interrogé par Le Figaro, Didier Raoult a réaffirmé ses positions médicales sur le Covid-19. L’infectiologue a déclaré n’avoir aucun regret concernant ses propos passés, notamment ceux tenus en mai et juin, qui prédisaient la fin prochaine de l’épidémie. Le spécialiste fait la distinction entre deux phases de la pandémie, précisant que «le virus d’août n’est pas celui du printemps».

À propos de la chloroquine, le professeur se veut également ferme, alors qu’une récente lettre publiée par l’IHU de Marseille pouvait fait croire à un mea culpa de ses équipes sur le sujet. Il rejette en bloc les soupçons de toxicité du remède, fustigeant des «études bidonnées» et des attaques «délirantes». Il soutient toujours que l’hydroxychloroquine peut être efficace pour les patients qui ne sont pas en phase finale.

«En ce qui concerne l’hydroxychloroquine, je n’ai jamais dit qu’elle allait guérir 100% des patients. En revanche, je maintiens que cette molécule améliore l’état des malades précoces ou avancés, mais pas en phase finale», explique-t-il ainsi au Figaro.

Charge contre l’industrie pharmaceutique

Didier Raoult dénonce encore le rôle des grandes entreprises pharmaceutiques durant la crise sanitaire, dont certaines ont jeté le discrédit sur l’hydroxychloroquine, selon lui. Il fustige notamment «les médecins liés à Gilead», la firme américaine ayant développé le remdesivir.

Plus généralement, l’infectiologue s’inquiète des conflits d’intérêts qui agitent l’industrie du médicament. Pointant du doigt la «financiarisation du monde pharmaceutique», il décrit un secteur en manque de créativité, n’ayant «plus grand-chose à offrir» et obligé de survivre en vendant «des produits qui ont peu d’intérêts». Il met en garde contre l’ampleur prise par «la corruption et le lobbying» dans cette sphère.

«Ça fait 20 ans que je refuse de travailler avec l’industrie pharmaceutique. […] Il n’est pas normal que des médecins se prononcent sur des médicaments au sujet desquels ils se trouvent en conflit d’intérêts. C’est étonnant, parce que dans les autres secteurs de la société, ce genre d’attitude n’est plus tolérée. On a eu droit à un débat national pour interdire aux députés d’employer leurs conjoints!», déclare Didier Raoult au Figaro.

Responsabilités des médias

Le praticien de l’IHU Méditerranée critique également un emballement médiatique autour de l’épidémie, rappelant que «80% des gens qui meurent ont plus de 75 ans ou sont obèses». Il affirme voir un décalage entre «la médiatisation de certaines informations et la réalité du risque». Des «alertes disproportionnées» qui durent, selon lui, depuis plusieurs années, l’infectiologue citant l’exemple du chikungunya et du H1N1.

Didier Raoult estime lui-même faire l’objet d’un traitement média biaisé et accuse les médias de tronquer ses propos.

«Certains médias ou réseaux sociaux coupent des bouts de phrases, enlèvent les précautions de langage et la démonstration d’ensemble. Ils ne font pas d’information, ils font du spectacle», explique l’infectiologue au Figaro.

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