Je veux bien m’indigner mais est ce que ça va durer encore longtemps ? Zelensky, Leonarda Hollande, Macron

Ou comment un président se prend les pieds dans ce qu’il croit être l’opinion publique ?

Macron dans son soutien à Zelensky me rappelle Hollande se prenant les pieds dans l’affaire Léonarda… Léonarda qui parmi vous se souvient de ce prénom ? Et Dibrani, le père menteur, les services du ministre de l’Intérieur Manuel Valls mobilisés toute affaires cessantes ? Non vraiment, et bien combien de temps vous faut-il déjà pour trouver que Macron commence à nous la faire longue avec son excuse ukrainienne… Et vous n’aurez pas tout à fait tort entre nous…

Parce qu’il y a trois choses qui prises isolément sont déjà grotesques mais qui quand on les confronte les unes aux autres deviennent littéralement à hurler : la première est cette nouvelle qui vient de tomber : « les dividendes versés par les grandes entreprises ont atteint un niveau record de 44 milliards d’euros au deuxième trimestre en France et de 544 milliards de dollars, tirés par l’énergie, la banque et l’automobile ». La seconde est de voir le président qui, comme ses prédécesseurs, a orienté sa politique vers le « ruissellement » sur ceux-là et pour cela a détruit nos services publics et fait pression sur les salaires prétendre nous inviter à la fin de « l’abondance » et à nous entraîner dans la guerre au nom de la liberté, le libre renard dans le libre poulailler. La troisième chose est justement l’insoutenable légèreté de l’opinion publique que l’on entretient avec des diversions permanentes, des indignations fabriquées avec des informations tronquées pour faire diversion. Cela est déjà d’une bêtise incroyable quand rétrospectivement on revoit les « affaires » qui sont censé avoir passionné l’opinion publique, mais quand il s’agit de la guerre avec son cortège d’horreur la manipulation devient étouffante, criminelle et vous donne envie de dire qu’il n’y a plus rien à sauver quand il n’y a même plus un parti communiste pour la dénoncer.

Jamais je n’ai autant douté de mon pays et de sa capacité à se redresser, jamais je ne me suis autant demandé à quoi servait de se débattre quand il n’y a aucune force organisée pour dénoncer l’ampleur de l’escroquerie criminelle. Pourtant ma France, celle de Diderot et de la lutte des classes, celle qui ne s’en laissait pas compter était armée pour les dénoncer, mais c’est désormais un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaitre.

Parce que certes il se trouve encore fort heureusement des voix pour dénoncer le caractère abusif des invites de Macron en regard des profits capitalistes, mais quand les mêmes n’arrivent plus à concevoir et à faire concevoir ce qu’est l’impérialisme et qu’ils limitent la critique du capitalisme à ses « excès » comme l’évasion fiscale sans mesurer à quel point la guerre de tous contre tous est le nerf du profit à son stade monopoliste financiarisé. Quand ils participent d’un discours faussement humaniste et réellement opportuniste sur le mouvement du monde, c’est l’asphyxie. Celle éprouvée devant la stupidité de la propagande déversée chaque jour sur la guerre et ses justifications et que personne ne contredit.

Traiter de la paix et de la guerre sur le même modèle que l’affaire Léonarda ?

Il y a eu pourtant cette sombre affaire à la rentrée scolaire de 2013, une collégienne dont le père en voie d’expulsion vers son Kosovo natal avait déjà été placé dans un centre de rétention. La sixième enfant, Leonarda, âgée de quinze ans et élève en classe de troisième au collège André-Malraux de Pontarlier, avait été interpellée alors qu’elle participait à une sortie scolaire et se rendait en autocar à Sochaux le 9 octobre 2013. Nous étions à la veille des élections municipales et européennes et le masque étroit de Hollande « ennemi de la finance » se fendillait en maint endroits…

Mediapart a monté l’affaire en épingle le 14 octobre 2013, une lettre des « enseignants du collège André-Malraux et du lycée Toussaint-Louverture » sur le blog du Réseau éducation sans frontières (RESF) hébergé par Mediapart parait, dans ce pamphlet il est insisté sur le traumatisme des lycéens qui auraient vu l’une des leurs emportée par la police. L’ennemi désigné c’est Manuel Valls ministre de l’Intérieur, en gros cela se joue surtout en tendance au cœur de la social-démocratie. Et là commence une des affaires médiatiques dont la France a le secret : les jeunes lycéens manifestent en faveur de leur condisciple. Les élites sortent des papiers sur l’affaire et son importance sociétale. Les juristes produisent de doctes expertises, et quelques membres du parti socialiste qui cherchent à descendre Valls et Hollande, manifestant leur réprobation avec des accents à la Jules Ferry sur la « sanctuarisation » de l’école. La sénatrice Esther Benbassa d’Europe Écologie y va de la dénonciation d’une rafle digne du Vel d’Hiv.

L’émotion est au comble de l’oubli d’aujourd’hui, un peu comme toutes les indignations contre un abominable tyran qui ont précédé les catastrophes militaires dans lesquelles la France s’est embringuée, rien que sous Hollande que pourtant on surnommait flamby…

Valls, le menton durci, tel Bonaparte à la veille de la victoire, organise prestement la risposte, il mobilise ses services, les renseignements généraux : le 18 octobre, il abrège d’une journée son déplacement aux Antilles françaises et organise immédiatement une contre-attaque dont la victime sera d’ailleurs in fine… Hollande, et donc le bénéficiaire Macron, tout le ministère de l’Intérieur est suspendu à l’affaire : il exige que lui soit remis un rapport sur les modalités d’éloignement de Leonarda Dibrani par l’Inspection générale de l’administration (IGA). Ce rapport précise les conditions de l’arrestation :

Leonarda Dibrani est d’abord descendue du bus avec une enseignante avant l’arrivée des forces de l’ordre ;

L’arrestation s’est faite à l’abri des regards, dans la cour du collège Lucie-Aubrac de la ville de Doubs.

L’enquête conclut « que le refus d’autorisation de séjour (…) et la décision de mise en œuvre de l’éloignement de la famille Dibrani étaient conformes à la réglementation en vigueur » et confirme que : « aucune contrainte physique n’a été exercée ». Cette enquête mentionne cependant que les forces de l’ordre « n’ont pas fait preuve du discernement nécessaire » en intervenant au cours d’une sortie scolaire et recommande de « proscrire plus explicitement toute intervention dans les espaces et le temps scolaires et périscolaires ». Le rapport se penche également sur les raisons pour lesquelles le préfet a refusé la demande d’admission exceptionnelle au séjour de la famille Dibrani ; la préfecture met en avant le manque d’une réelle volonté d’intégration de la famille. Le rapport souligne en particulier les multiples éléments à charge contre le père ainsi que contre Leonarda, et rappelle que les autorités italiennes avaient eu également à se plaindre de la famille et notamment du père — les enfants, au lieu d’aller à l’école, étaient envoyés par le père pour mendier, et vivaient dans la rue.

Sans vouloir défendre ce père abusif exiger de la vertu de gens qui errent sans un sou sur les routes et qui y survivent comme ils peuvent c’est peut-être trop quand comme ceux qui s’occupent de l’appareil d’État sont prêts à se vendre alors qu’ils pourraient vivre plus modestement mais décemment… Manuel Valls, Macron et tant d’autres n’avaient pas à se préoccuper du lendemain, ce qu’ils ont volé ils l’ont fait pour avoir toujours plus.. comme Zelensky qui vivait bien de ses sketchs comiques… Bref de tous les moins pires c’est la famille Dibrani…

Pourquoi penser à Macron et à Zelensky ? Parce que faute d’avoir soutenu les accords de Minsk dont la France était la garantie, après avoir participé en la personne de Laurent Fabius, au coup d’État du Maidan, La France macronienne nous l’a joué Ukraine, victime, Léonarda subissant les outrages russes… Tout en « macronant » jouant les « bons offices »… c’est à dire qu’il s’est mis à la position de Hollande.

Ce dernier dans l’affaire Léonarda se débrouille comme un manche en courant derrière une opinion publique qu’il croit émue alors que comme le montrent les sondages au meilleur des cas la dite opinion publique s’en fout royalement et au pire laisse poindre un racisme anti-Rom. Tous les jours il sort une nouvelle « perle » qui témoigne de son incapacité à décider.

Intervention télévisée de François Hollande

Le président de la République française François Hollande intervient à la télévision le 19 octobre 2013 dans l’après-midi et, sur la base du rapport de l’IGA, annonce qu’il n’y a pas eu de faute de l’administration mais reconnaît un manque de discernement dans le fait que Leonarda ait été interpelée dans un contexte scolaire. Il annonce également que Leonarda pourra, si elle le souhaite, revenir seule en France : « Si elle le demande, un accueil lui sera réservé, et à elle seule ». Il dit avoir pris cette décision par souci « d’humanité » et « compte tenu des circonstances ».

Et c’est là que l’affaire fait songer irrésistiblement à Zelensky. La collégienne a pris le melon et elle refuse la proposition de revenir sans sa famille, elle poussera même l’histoire jusqu’à expliquer à des journalistes qu’elle tient l’opinion publique française et que Hollande doit s’incliner devant elle…

Bref tout cela se termine dans un fou rire général sauf pour la pauvre Leonarda qui n’imaginait pas le moins du monde à quel point le petit sérail médiatique qui en France usurpe la place de l’opinion publique souvent varie et bien fol est qui s’y fie…

La pauvre enfant ne savait pas qu’à l’exception de deux trois illuminés sincères et qui iront jusqu’au bout, l’opinion publique française, en fait les plateaux de télé qui en tiennent lieu, sur le fond est incapable déjà de tenir une cause quelconque, faute d’organisations capables de mobiliser, organiser, populariser. Le Français tel que l’isolement et la propagande médiatique le cueille pourrait déjà avec honnêteté dire : « Je veux bien m’indigner, mais est-ce que ce sera long ? »

Alors dans un tel contexte où un clou chasse l’autre et où le désintérêt surgit rapidement, dire à des Français qu’ils vont devoir payer les engouements auxquels on les invite à participer pour un gars qui dans le fond a une gueule de métèque… au point de ne pas savoir le 15 du mois avec quoi se chauffer et se nourrir ça les refroidit encore plus dans leurs élans. Déjà quand on découvre que le mec est un excité du bocal qui est prêt à faire sauter une centrale nucléaire pour réveiller nos enthousiasmes, le Français qui a les pieds sur la terre se dit que suivre ce genre d’illuminé très peu pour lui…

Et Macron ou les autres prétendent qu’il va falloir encore plus se serrer la ceinture pour aller s’occuper de gens qui ne cessent de vous insulter et pour qui vous n’en faites jamais assez e dopent votre énergie militariste à coup de menaces nucléaires, tandis que sortent les révélations sur les mœurs réelles de celui ou celle qui exige la charité avec arrogance là le truc ne prend plus et la sympathie vire aisément à la froide ironie.

Est-ce qu’ils vont finir par lâcher Zelensky, l’Ukraine comme ils lâchent tous ces gens qu’ils ont bernés d’illusions, fait haïr leur propre histoire et miroiter le fric et la participation à l’élite mondiale ? En faire comme Mobutu et tant d’autres, des gens maudits par ceux qu’ils ont trahis ? Tout ça pour des enjeux politiciens entre individus sans foi ni loi ? Et devenus de surcroit la risée de tous ? Je me demande ce qu’il est advenu de Léonarda ? Ce n’était pas de sa faute si pendant qu’on inventait la sanctuarisation de l’école on laissait notre éducation s’effondrer ? Pour l’oublier comme on a oublié que des gens, de pauvres gens mourraient dans le Donbass…

Nous vivons la fin de l’abondance a dit Macron… En tous les cas par pour lui et les siens qui ne se sont jamais autant gavé… et dire qu’il y a des pauvres types qui croient les balivernes de ce genre, non seulement sur l’art de se priver mais sur la nécessité de la guerre … pour nos libertés.

Hollande n’a jamais pu se relever d’un tel début, Manuel Valls non plus, tous ces gens sont des menteurs, s’ils veulent faire la charité qu’ils la fassent à leur frais… Surtout si tout ça s’accompagne d’un « réforme » du code du travail et d’autres truc du même genre.

Macron a trop fumé la moquette, il est en train de se prendre les pieds dans son quinquennat, Léonarda à côté de Zelensky c’était du pipeau…

source : Histoire et Société