Il ne se passe pas un jour sans que l’AP-HP ne délivre son lot de surprises. Une de ses figures, le professeur Éric Caumes, chef de service à l’hôpital de La Pitié-Salpêtrière, docteur en pathologie infectieuse et tropicale, clinique et biologique a été hospitalisé pour décompensation psychiatrique. Selon Francesoir, il est arrêté pour trois mois à ce jour.

Eric Caumes, 63 ans, est infectiologue, chef du service de maladies infectieuses et tropicales à l’hôpital de La Pitié-Salpêtrière, à Paris. Il est également professeur à la faculté de médecine de Sorbonne, à Paris, et a été membre du Conseil d’administration de l’International Society of Travel Medicine (2007–2011).

Le professeur Caumes est aussi connu pour être un des plus acharnés adversaires de la maladie de Lyme sous sa forme dite chronique : il affirme volontiers aux patients qui en souffrent qu’ils subissaient en réalité d’autres pathologies, voire des troubles psychiatriques. Une analyse que ne partagent pas certains médecins, parmi lesquels d’éminents spécialistes comme le professeur Perronne.

Des apparitions médiatiques très importantes

Eric Caumes, qui fut l’un des premiers médecins « médiatiques » à avoir fait part de son inquiétude, en février 2020, a multiplié les apparitions sur toutes les chaînes de télévision mainstream pendant la crise. Il est dans le top 10 des médecins les plus cités dans les médias audiovisuels, selon un décompte Tagaday-JDD de janvier 2021.

Des prises de position controversées

L’infectiologue souffle le chaud et le froid parmi le monde médical. Nombre de ses confrères l’ont fustigé pour avoir proposé l’été dernier de laisser les jeunes « se contaminer entre eux » pour « participer à l’immunité collective ». Dépourvu de conflit d’intérêt avec l’industrie pharmaceutique, selon ses propres dires dans une interview à l’Express, il est un adversaire farouche de la démarche du professeur Raoult, même s’il n’a pas adopté le scientisme confinant au nihilisme de certains de ses pairs, souvent parisiens – il rappelait en effet que la médecine n’est pas, ne peut pas être, « une science », même si elle s’appuie sur l’état de la science – il s’est également montré capable d’un peu de nuance dans cette bataille rangée : « le pire, c’est que Didier Raoult dit beaucoup de choses vraies« .

Quelque peu difficile à suivre, entre scepticisme affiché sur les vaccins à leurs débuts, suivi d’un rétropédalage express, entre « confinisme » affolé et « rassurisme » surprenant, le professeur Caumes a parfois semblé suivre davantage « ses humeurs que les connaissances scientifiques », nous confiait une personnalité de l’AP-HP il y a quelques semaines.

Source : Francesoir