Citant les « défis » que leur pose la Chine, les États-Unis ont confirmé leur détermination à défendre le Japon en faisant appel à une large gamme de moyens, y compris nucléaires, selon une déclaration conjointe des chefs d’État japonais et américain.

« Nous nous sommes engagés à travailler ensemble pour relever les défis de la Chine », a déclaré Joe Biden lors d’une conférence de presse à l’issue de ses négociations avec le Premier ministre japonais Yoshihide Suga.

Leur déclaration commune, adoptée à l’issue de la rencontre, détaille l’alliance américano-japonaise et la question de la sécurité commune allant jusqu’à l’utilisation d’armes nucléaires.

Défendre en utilisant toutes les capacités

« Les États-Unis ont réaffirmé leur soutien indéfectible à la défense du Japon au titre du Traité de coopération mutuelle et de sécurité entre les États-Unis et le Japon, en utilisant toute leur gamme de moyens, y compris le nucléaire », signale le document.

Joe Biden et Yoshihide Suga se sont également prononcés en faveur de la paix et de la stabilité dans le détroit de Taïwan. « Nous soulignons l’importance de la paix et de la stabilité dans le détroit de Taiwan et encourageons un règlement pacifique des problèmes (concernant cet endroit). »

L’agence japonaise Kyodo fait savoir qu’il s’agit de la première mention de Taïwan dans une déclaration conjointe des dirigeants des deux pays depuis 52 ans. La dernière remonte aux négociations entre le Premier ministre japonais Eisaku Sato et Richard Nixon en 1969.

Le Xinjiang et les mers de Chine

Les deux pays ont fait part de leur sérieuse préoccupation concernant la situation des droits de l’Homme à Hong Kong et dans la région autonome ouïghoure du Xinjiang.

Les deux parties, réaffirmant le fait que l’article V du Traité de coopération mutuelle et de sécurité s’applique aux îles Senkaku contestées par la Chine, rejettent toute tentative de changement dans la région.

« Nous nous opposons à toute tentative unilatérale pour changer le statu quo en mer de Chine orientale. Nous avons réitéré nos objections aux revendications et activités maritimes illégales de la Chine en mer de Chine méridionale et réaffirmé notre vif intérêt partagé pour une mer de Chine méridionale libre et ouverte régie par le droit international, dans laquelle la liberté de navigation et de survol est garantie, conformément à la Convention des Nations unies sur le droit de la mer », indique le document.

Les deux pays ont également réaffirmé leur engagement en faveur de la dénucléarisation complète de la Corée du Nord, l’exhortant à respecter ses engagements dans le cadre des résolutions du Conseil de sécurité de l’Onu.

Pékin s’oppose à la déclaration commune

La Chine n’a pas tardé à réagir avec un communiqué de son ambassade à Washington, affichant une « opposition résolue ».

Les positions du Japon et des États-Unis « dépassent largement le cadre de relations bilatérales normales » et menacent les intérêts de parties tierces ainsi que la paix et la stabilité dans la zone Asie-Pacifique, lit-on dans le communiqué.

« Il est on ne peut plus ironique qu’une telle tentative d’attiser la division en Asie-Pacifique et de construire des petits blocs dirigés contre des pays tiers soit présentée comme de « la liberté et de l’ouverture » », a souligné l’ambassade en référence à la volonté américaine d’édifier une « région indo-pacifique libre et ouverte ».

Source : fr.sputniknews.com