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Les personnes de groupe sanguin A seraient plus sensibles au coronavirus

Des scientifiques chinois ont mené une étude pour déterminer le risque d’infection au coronavirus en fonction du groupe sanguin. Selon les résultats, les personnes du groupe A ont un risque plus élevé par opposition à celles du groupe O.

Les personnes de groupe sanguin A sont plus susceptibles d’être infectées par le nouveau coronavirus, alors que le groupe sanguin O présente un risque d’infection significativement plus faible, indiquent les résultats de l’étude publiée le 11 mars par un groupe de scientifiques chinois sur le site Medrxiv.org.

Groupe sanguin A : un taux de mortalité supérieur de 20 % au coronavirus

Avec ses collègues des hôpitaux de Wuhan et de Shenzhen, Wang Xinghuan a examiné le cas de 2.173 patients porteurs du SARS-CoV-2 et calculé que les personnes de groupe sanguin A présentent un taux de mortalité supérieur de 20 % à celui des autres groupes. À l’inverse, les patients de groupe O ont un taux de mortalité inférieur de 33 %. Même en prenant en compte l’âge et le sexe, ces différences demeurent. « Les patients de groupe sanguin A infectés par le virus SARS-CoV-2 doivent faire l’objet d’une vigilance accrue », insistent donc les chercheurs.

L’effet protecteur des anticorps anti-A

Ce constat avait déjà été établi lors de précédentes recherches sur le SRAS en 2003. Une étude de 2005 avait ainsi montré que les patients de groupe sanguin O étaient moins susceptibles de contracter la maladie. Un phénomène qui pourrait s’expliquer par la présence d’anticorps anti-A (absents chez les patients de groupe A et AB), qui bloquent l’interaction entre la protéine de surface du virus et l’enzyme 2 de conversion qui sert de récepteur cellulaire. « Les anticorps anti-A assurent ainsi une protection naturelle contre le virus », explique une équipe de chercheurs de l’Inserm (France), dans une autre étude parue en 2008 dans Glycobiology.

Nombre de cas et durée de l’épidémie. A : sans effet de polymorphisme ABO ; B : Effet modéré du polymorphisme ABO et C : fort effet du polymorphisme ABO. © Patrice Guillon et al, Glycobiology, 2008

Ces derniers ont également construit un modèle mathématique prenant en compte les différents groupes sanguins et constaté que le polymorphisme ABO « peut réduire considérablement la propagation du virus, en affectant à la fois le nombre de personnes infectées et la cinétique de l’épidémie». Car les groupes sanguins O et B (pourvus d’antigènes anti-A) sont majoritaires dans la population (bien que la fréquence varie fortement selon les régions et les types ethniques). En France par exemple, on compte 42 % de groupe O, 44 % de groupe A, 10 % de groupe B et 4 % de groupe AB.

Ce qu’il faut retenir : 

  • Les personnes avec un groupe sanguin A ont un taux de mortalité supérieur aux coronavirus.
  • Les personnes avec un groupe O semblent au contraire protégées.
  • Cela pourrait être dû à la présence d’anticorps anti-A, qui inhibent la liaison entre la protéine virale et le récepteur de la cellule.
  • Cet effet protecteur est susceptible de ralentir considérablement l’épidémie.

Source : futura-sciences / Sputnik