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L’étrange selfie du tueur de l’attentat de Nice avec Christian Estrosi

Mediapart publie une enquête sur « les ratés de la politique sécuritaire de Christan Estrosi ». Y figure une photo datant d’août 2015, retrouvée dans l’ordinateur de Mohamed Lahouaiej Bouhlel.

C’est une étrange photo que révèle Mediapart, ce vendredi. Un selfie, pris de nuit, flou mais pas suffisamment pour cacher les deux visages au premier plan. A gauche, Mohamed Lahouaiej Bouhlel, l’auteur de l’attentat de Nice -85 victimes, le soir du 14 juillet-, fixe la caméra de son téléphone. A droite, un homme en costume noir et chemise blanche est tout sourire. On le reconnaît sans peine: c’est Christian Estrosi, l’ancien maire de Nice.

Cette image fait partie des nombreuses photos trouvées dans l’ordinateur du terroriste. Certaines d’entre elles montrent la foule de dos sur la promenade des Anglais en train de regarder le feu d’artifice, ou encore « les infrastructures temporaires disposées sur le trottoir », rapporte le site d’investigation.

Toutes ces images datent du 15 août 2015. Onze mois plus tard, le soir du 14 juillet, le Tunisien de 31 ans tuera 85 personnes sur cette même promenade des Anglais.

Onze repérages

Dans son enquête, Mediapart révèle également « les ratés de la politique sécuritaire de Christan Estrosi ». Ce dernier a toujours défendu son réseau de vidéosurveillance, allant jusqu’à s’étonner, au lendemain des attentats de Charlie Hebdo et de l’Hyper Casher, à Paris, que les forces de l’ordre n’aient pas réussi à arrêter les tueurs. Il avait assuré être « à peu près convaincu que, si Paris avait été équipée du même réseau [de caméras] que le nôtre, les frères Kouachi n’auraient pas passé trois carrefours sans être neutralisés et interpellés.

« Pourtant, le matin du 13 juillet 2016, Mohamed Lahouaiej Bouhlel conduit pendant 30 minutes son 19 tonnes sur le trottoir de la promenades des Anglais -qui est fermée à la circulation des camions- sans être inquiété. Il répète ces manoeuvres à trois reprises, affirme Mediapart. A chaque fois, la scène est filmée, mais la police municipale ne réagit pas. Selon le site d’investigation, cela faisait déjà deux jours que le terroriste effectuait des repérages. Onze en tout.

Le selfie du terroriste de Nice avec Christian Estrosi n’est pas sans rappeler la photo d’Amedy Coulibaly à l’Elysée, en 2009. A l’époque, le président Nicolas Sarkozy souhaitait « rencontrer des entreprises engagées dans l’emploi des jeunes » et avait invité dix personnes en alternance, dont le futur preneur d’otages de Vincennes. Amedy Coulibaly était alors en contrat de professionnalisation au sein de l’usine Coca-Cola de Grigny.