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Loi de sécurité globale : le pouvoir profond se prépare à la révolte sociale

« Limiter la diffusion d’images des forces de l’ordre est LA mesure qui fait bondir des syndicats et associations de journalistes, ainsi qu’une autre association, la Ligue des droits de l’homme (LDH). Pour protester contre cette disposition, ils ont manifesté mardi après-midi, à l’heure où l’examen de la proposition de loi a commencé. Ce nouveau délit « a pour objectif réel de restreindre le droit des journalistes et la liberté de la presse de manière disproportionnée par rapport à la réalité de la menace », estiment ces organisations. Il « permettrait d’interpeller tout journaliste qui filme en direct une opération de police, de le placer en garde à vue » en saisissant son matériel et de « l’envoyer devant un tribunal », seul « à même de déterminer si l’intention malveillante est établie », font-ils encore valoir. Le journaliste David Dufresne, qui a régulièrement interpellé sur Twitter le ministère de l’Intérieur sur les violences policières pendant le mouvement des « gilets jaunes », a ainsi dénoncé « une atteinte inédite au droit d’informer » et une censure d’État. » (France Info)

Mardi 17 novembre 2020, des associations droit-de-l’hommistes (Amnesty, LDH, RSF) et de journalistes (c’est la même maison), plus quelques Gilets jaunes, ont appelé à manifester contre la proposition de loi sur la sécurité globale. Qu’est-ce que cette nouvelle loi, qui sent le Patriot Act post-11 Septembre ?

Le texte est en train d’être examiné par les députés, mais on sait ce que ça veut dire : l’Assemblée, dans notre République franc-maçonnisée, n’a plus qu’un rôle de passe-plat. Elle ne s’oppose que pour la forme, c’est du théâtre de marionnettes pour lecteurs du Canard enchaîné. Déjà, cette nouveauté répressive, proposée par LREM, sera validée par la majorité LREM et appliquée dans les rues. Il n’y a pas de suspense. L’objectif est de permettre à la police de « lutter à armes égales » – c’est ce qui est écrit – dans « la guerre des images ».

On sait tous que la répression des Gilets jaunes filmée par les Gilets jaunes et diffusée sur les réseaux sociaux a fait beaucoup de mal à l’image de la police, qui elle faisait beaucoup de mal (réel) aux Français en lutte à coups de LBD et de grenades de désencerclement. Jérôme Rodrigues, qui a laissé un œil au cours de ces samedis, peut en témoigner. D’ailleurs, il était présent à Paris le 17 novembre, date anniversaire des deux ans de Gilets jaunes.

Les deux députés LREM auteurs de cette proposition sont Alice Thourot et Jean-Michel Fauvergue, l’ex-patron du RAID, celui qui a raconté qu’il était entré en premier au Bataclan, alors que c’était la BRI (guerre des polices).

Cette loi est faite pour calmer les inquiétudes des forces de l’ordre qui, en période de Covid et de terrorisme, sont soumises à rude épreuve. Les syndicats de policiers arguent qu’ils sont la cible d’agressions, notamment en banlieue, on l’a vu tout au long de l’année 2020. Mais ce n’est pas la source principale de la polémique : les policiers ne veulent plus être filmés dans les manifestations et dénoncés sur les réseaux sociaux. Malheureusement, c’est ce qui arrive quand la police nationale devient un instrument du pouvoir, qui se protège ainsi de sa population. La police française est devenue, à son corps défendant, un instrument de répression politique, du coup elle entre en interaction avec les citoyens sur une base très conflictuelle.

Il s’agit donc d’une loi faite pour dénoncer les violences anti-flics, alors qu’en face, chez les gauchistes principalement, on dénonce (depuis Mai 68) les violences policières. Les journalistes embrayent et refusent de baisser leur caméra, et pour beaucoup de témoins ou de manifestants, la vidéo est devenue leur seul bouclier. Quand on sait que les milliers de blessés graves chez les Gilets jaunes n’ont conduit, via l’IGPN, qu’à la condamnation d’une poignée de policiers, on peut en effet penser que cette loi va dépouiller le peuple de sa dernière défense. Darmanin, le ministre de l’Intérieur sarkozyste, a voulu calmer le jeu en déclarant qu’on pourra toujours filmer la police en action, si cette dernière est illégale, bien sûr :

« Si vous voyez un problème qui relève du Code pénal, vous aurez le droit de le filmer et de le transmettre au procureur de la République »

Ceux qui veulent aller plus loin dans cette proposition de loi peuvent consulter les informations sur France Info. On y aborde le problème des drones dont l’utilisation va être massifiée dans le cadre de la surveillance des citoyens, mais naturellement, les choses ne sont pas dites comme ça.

Derrière ce conflit on comprend que le pouvoir profond, celui qui décide vraiment, prépare la répression à venir d’une révolte sociale inévitable.

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