La crise de l’emploi est un phénomène mondial aggravé par la pandémie liée au coronavirus. Dans ce cadre, il n’est évidemment pas facile de trouver un travail salarié classique ou de se mettre à son propre compte. Mais heureusement, tout espoir n’est pas perdu puisqu’une alternative s’offre aux personnes en chômage ou en transition professionnelle. Il s’agit en effet du portage salarial qui intéresse de plus en plus les Français. Pour autant, le concept n’est pas compris de tous et mérite donc plus d’éclaircissement. Comment fonctionne-t-il ? Quels profils sont concernés ? Coup de projecteur sur ce mode de travail innovant.

Portage salarial : la définition

Deux modes de travail ont jusque-là rythmé la vie des travailleurs français, sans pouvoir leur offrir la liberté d’organisation toujours voulue. En effet, les statuts de salarié et de travailleur indépendant ont montré leur limite face aux crises socioéconomiques successives. Raison pour laquelle, le portage salarial est désormais prisé par nombre de tricolores. Mais avant d’en arriver aux statistiques ainsi qu’aux perspectives offertes par cette solution, il convient de la définir.

En réalité, l’article L1251-64 du Code du travail précise que : « Le portage salarial est un ensemble de relations contractuelles organisées entre une entreprise de portage, une personne portée et des entreprises clientes comportant pour la personne portée le régime du salariat et la rémunération de sa prestation chez le client par l’entreprise de portage. » De ce qui précède, il faut alors retenir que ce concept engage 3 types d’acteur : un prestataire de service dénommé salarié porté, des entreprises clientes qui bénéficient de l’expertise de ce dernier et une structure intermédiaire qui verse des salaires au travailleur.

Un concept très en vogue en France

Certains Français n’ont découvert que récemment le portage salarial, à l’occasion de l’ordonnance du 2 avril 2015. D’autres encore n’ont su son existence, qu’à la survenance de la récession économique en cours. Pourtant, le concept existait depuis 1980, année de création des premières sociétés de portage. Quoi qu’il en soit, cette solution fait plus que jamais recette dans l’Hexagone. Car, selon les chiffres officiels, près de 100 000 salariés portés exercent en France parmi lesquels 62 % d’hommes en 2019 contre 38% de femmes. Par ailleurs, le chiffre d’affaires généré par ce marché est estimé à environ 1,3 milliard d’euros. Mieux, la marge d’évolution du secteur est très importante. Ainsi, selon la croissance soutenue observée dans ce domaine depuis plus de 5 ans, 600 000 contrats de portage salarial seront signés d’ici 2025. Autant de statistiques qui attestent l’engouement suscité par cette solution alternative.

Mode de fonctionnement du portage salarial

Eu égard à la définition du portage salarial et la ruée observée vers cette forme de travail, l’offre parait évidemment alléchante. Mais avant de s’y engager, il importe de s’informer davantage sur ce mécanisme quelque peu atypique.

Qui peut être un salarié porté ?

En réalité, le portage salarial n’est pas destiné à tous les profils de travailleur. Il exclut par exemple les spécialistes des services à la personne, les avocats, les notaires, les experts comptables, les commerçants, etc. Les professions à faibles revenus ne peuvent non plus en faire l’objet. Par contre, ce régime est autorisé pour un large éventail de métiers couvrant les services informatiques et les expertises dans des domaines variés tels que la communication digitale, la gestion immobilière, le management d’entreprise… Aussi, le postulant doit-il justifier d’une qualification professionnelle supérieure ou égale au Bac + 2, dans l’une des spécialités précédemment citées. La liste n’étant pas exhaustive, le candidat peut vérifier auprès d’une société de portage salarial, la compatibilité de son profil avec ce mode de travail. Toutefois, ce concept concerne aussi bien les jeunes diplômés, les travailleurs indépendants, et les cadres supérieurs en reconversion professionnelle.

Comment devenir un salarié porté ?

Comme précédemment évoqué, le portage salarial nécessite l’intervention d’une structure intermédiaire entre les entreprises clientes et le prestataire de service. Cependant, ce tiers acteur n’intervient qu’au cours du processus. Plus concrètement, l’article L1254-2 alinéa 3 du Code du travail rappelle que : « l’entreprise de portage n’est pas tenu de trouver du travail au salarié porté ». A priori, il revient donc au postulant réunissant toutes les conditions de prospecter des missions auprès des entreprises clientes. Une fois cette étape franchie, le futur salarié porté peut alors signer un contrat de travail avec une société de portage, preuve de son accord d’hébergement d’activité salariée auprès d’une telle structure.

Quel est le contenu du contrat de portage salarial ?

Il faut rappeler que la signature du contrat de travail avec la société de portage a lieu après celle du contrat de prestation avec l’entreprise cliente. Dès lors, l’intermédiaire s’engage d’abord à réaliser toutes les tâches administratives relatives audit contrat : qu’il s’agisse de la rédaction des actes juridiques, des cotisations sociales, ainsi que de la tenue de la comptabilité. Enfin, ce dernier paie le salaire du travailleur porté à partir du montant versé par le client, en prenant soin de déduire les frais de gestion et les parts sociales. Cependant, la loi exige que le montant total perçu ne doit pas être en deçà des « (…) 75 % de la valeur mensuelle du plafond de la sécurité sociale prévu à l’article L. 241-3 du code de la sécurité sociale pour une activité équivalant à un temps plein ».