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Quelle pandémie ? Les États-Unis et la Royal Navy lancent une provocation de type Guerre Froide dans l’arrière-cour arctique de la Russie

Des millions d’Américains et de Britanniques qui ont perdu leurs moyens de subsistance à cause du verrouillage du Covid-19 peuvent se réjouir que leurs marines soient ouvertes aux affaires, organisant une démonstration de force aux portes de la Russie pour la première fois depuis la Guerre Froide.

Trois destroyers lance-missiles guidés et une frégate de la Royal Navy ont navigué dans la Mer de Barents lundi, pour « affirmer la liberté de navigation et démontrer l’intégration sans faille entre les alliés », selon la 6e Flotte Américaine. L’annonce était accompagnée de hashtags tels que #openforbusiness, #Powerforpeace et #strongertogether.

« En ces temps difficiles, il est plus important que jamais que nous maintenions notre rythme régulier d’opérations sur le théâtre européen », a déclaré l’Amiral Lisa Franchetti, commandant de la 6e Flotte, dans un communiqué.

Les destroyers de classe Arleigh Burke – l’USS Donald Cook, l’USS Porter et l’USS Roosevelt – ont été rejoints par le HMS Kent et le navire de soutien nommé USNS Supply pour la mission destinée à démontrer l’engagement de l’OTAN « à promouvoir la sécurité et la stabilité régionales, tout en établissant la confiance et en renforçant une base de préparation pour l’Arctique », selon Franchetti.

La flotte a également tenu à rappeler que la dernière fois que des navires de l’OTAN se sont aventurés dans la Mer de Barents, c’était dans les années 1980, au plus fort de la Guerre Froide entre le bloc dirigé par les États-Unis et l’Union Soviétique, disparue depuis longtemps. Pour une raison quelconque, les planificateurs navals britanniques et américains ont pensé que la pandémie de Covid-19 était le moment idéal pour faire revivre le bon vieux temps et pour faire un peu de bruit.

La Mer de Barents est l’équivalent russe du Golfe du Mexique pour les États-Unis, située entre ses principaux ports arctiques et le Pôle Nord. L’Arctique occupe une place importante dans les plans stratégiques de Moscou et de Washington – vous vous souvenez des initiatives visant à « acheter » le Groenland au Danemark ? – la navigation des cinq navires dans les eaux glacées est bien plus qu’une simple question de « maîtrise de tous les environnements opérationnels pour assurer la sécurité et l’accès aux mers », comme le souligne la 6e Flotte.

Pourtant, l’exercice n’a impliqué aucun navire de la marine royale norvégienne, l’une des rares marines de l’OTAN à être réellement compétente dans les opérations arctiques. Les Norvégiens semblent se méfier d’un affrontement inutile avec la Russie. Alors qu’Oslo est normalement très bruyant sur la participation aux exercices de l’OTAN, « cette fois, ce n’était pas une priorité », a déclaré le Ministre de la Défense Frank Bakke-Jensen au Barents Observer.

La Marine Américaine met un point d’honneur à envoyer ses navires dans des endroits comme la Mer de Chine Méridionale pour des opérations de « liberté de navigation » (FONOP), c’est-à-dire leur liberté d’aller où bon leur semble. La semaine dernière, deux navires américains ont joué à un jeu de nerfs avec la Marine Chinoise. L’opération en Mer de Barents semble être conçue dans le même esprit. Elle implique également deux navires qui ont beaucoup d’expérience dans la lutte contre la Russie.

Le Porter a navigué à plusieurs reprises dans la Mer Noire au cours des dernières années, où il a été suivi par des navires et des avions russes. En 2016, le Donald Cook a été célèbre pour avoir été survolé par des avions à réaction russes en Mer Baltique, ce qui a amené le Pentagone à se plaindre d’approches « agressives » et « dangereuses ».

Les deux destroyers sont normalement basés à Rota, en Espagne, où les conditions météorologiques lors des pires journées sont loin d’être aussi difficiles que dans l’Arctique.

Les commentaires de l’Amiral Franchetti sur l’importance du maintien des opérations suggèrent que la Marine Américaine est désireuse de montrer qu’elle peut continuer à opérer en tant que superpuissance mondiale même dans des circonstances de pandémie. Un certain nombre de ses navires ont été mis sur la touche par les épidémies de Covid-19, au point que le Pentagone refuse désormais de donner des chiffres précis. Dans l’incident le plus notoire, le porte-avions USS Franklin D. Roosevelt a dû retourner à Guam après que son capitaine ait publiquement appelé à mettre l’équipage en quarantaine, ce qui a entraîné son licenciement et la démission du Secrétaire d’État à la Marine par intérim le mois dernier.

Moscou n’a pas fait de commentaires sur le déploiement anglo-américain. Au lieu d’une déclaration, la Flotte du Nord russe a simplement annoncé mardi qu’elle « suivait » les mouvements de la flottille, tandis que le croiseur lance-missiles Marshal Ustinov s’est déployé au départ de Severomorsk pour des « exercices de combat pour la défense contre les navires et avions ennemis » en Mer de Barents.

source : https://www.rt.com

traduit par Réseau International