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Sans-abris : « Le jour où j’ai perdu mon logement, je me suis assis sur un banc et j’ai pleuré comme un gamin »

Echapper à une nuit glaciale, Gilles s’en est laissé convaincre. Il a 26 ans de rue et a l’habitude de ne compter que sur lui-même. Ce soir-là, il dormira au chaud : la maraude a gardé quelques places pour les plus vulnérables. Mais pour les autres, accéder au modeste confort d’un centre est un combat à remporter à tout prix. « J’en connais qui sont morts », dit un homme.

Des journées remplies

Cela fait deux ans que Stéphane Klipfel a perdu son logement. Ce jour reste gravé dans sa mémoire. « Je me suis assis sur un banc, j’ai pleuré comme un gamin, j’avais 45 ans », dit-il d’une voix énergique. Sans toit, il échoue à conserver son poste d’agent de sécurité. Depuis, courageusement, il continue à s’imposer une discipline : « J’essaie d’avoir des journées remplies », explique-t-il. Le SAMU social de Paris estime que chaque jour, 600 personnes ne sont pas prises en charge par manque de places.