C’est pendant un déjeuner à Matignon ce 16 avril que Jean Castex, Agnès Pannier-Runacher, Clément Beaune et Thierry Breton ont eu l’occasion de parler de l’approvisionnement en vaccins pour les prochaines années. L’opposition aimant pointer du doigt leurs défaillances sur la gestion de la crise, il était temps pour eux d’anticiper et montrer qu’ils pensaient à la suite. C’est pourquoi, dans les quinze prochains jours, des contrats vont être signés avec Pfizer pour 2022 et 2023. Dans le même temps les concepteurs de Spoutnik V, citant une étude de l’institut Tony Blair, s’étonnent du silence sur le taux de mortalité causé par les injections Pfizer qui serait plus élevé que celui d’AstraZeneca.

Vaccination des adolescents

Alors que hier soir pendant leur allocution habituelle du jeudi, les ministres de la Santé, Olivier Véran, et de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, s’empressaient de dire que le sujet n’était pas d’actualité, il a tout de même été abordé pendant ce déjeuner du 16 avril.

Castex se targue dans un tweet de la réussite de Breton :

« C’est grâce à la task force européenne pilotée par Thierry Breton que notre pays recevra d’ici quinze jours plus de sept millions de doses supplémentaires du vaccin BioNTech-Pfizer (+ 250 millions de doses supplémentaires à l’échelle de l’Union européenne), tout en renforçant nos capacités de production. On accélère ! »

Et Agnès Pannier-Runacher d’affirmer sur BFMTV que la promesse d’Emmanuel Macron de vacciner tous les « volontaires » de plus de 18 ans d’ici la fin de l’été serait tenue. N’omettant pas de préciser que pour l’instant la décision de vacciner les adolescents n’était pas encore prise et qu’elle n’était pas médecin, en nous sortant la réthorique du « mais », ce qui veut tout bonnement dire que la décision de son côté est quand même prise.

« A l’automne, nous aurons la capacité en nombre de doses pour vacciner les 12-17ans. »

« Je ne suis pas médecin », a-t-elle ajouté, « mais intuitivement, tout ce qui peut être mis en œuvre pour freiner durablement la circulation du virus doit être regardé. »  Avant de préciser : « les experts trancheront. »

40 morts pour 15,4 millions de doses

Les concepteurs de Spoutnik V, eux, pointent du doigt le silence des médias sur les décès survenus au Royaume-Uni après des injections du vaccin Pfizer. Dans un rapport de l’institut Tony Blair, 40 morts sont recensés pour 15,4 millions de doses au 5 avril. Ce taux de mortalité, non relayé, a attiré l’attention du fabricant russe qui l’a comparé à celui d’AstraZeneca.

« Les médias rendent compte quotidiennement de problèmes de formation de caillots de sang suite à l’injection du vaccin d’AstraZeneca. Mais ils sont étonnamment silencieux sur le taux de mortalité après vaccination avec le Pfizer qui, d’après les données de vaccination du Royaume-Uni, est presque deux fois supérieur à celui de l’AstraZeneca. Pourquoi ?» écrit-il le 21 avril sur le compte Twitter du vaccin.

Pour comparaison, l’institut cite 22 décès sur 21,6 millions de doses d’AstraZeneca, ce qui donne une proportion de 0,10 mort pour 100 000 injections contre 0,26 mort pour 100 000 injections avec Pfizer.

Alors pourquoi ce mutisme des médias sur les cas de thromboses provoqués par Pfizer, quand les autorités émettent des doutes sur l’AstraZeneca en suspendant son administration en mars, puis en réservant la vaccination aux 55 ans et plus pour la France. L’Italie, l’Allemagne et les Pays-Bas l’ont réservé aux plus de 60 ans et le Danemark a décidé définitivement de refuser ce vaccin.

Pfizer épargné par les médias

Le vaccin Pfizer est totalement épargné pour le moment. Pourtant l’Agence nationale du médicament a relevé 89 cas de thromboses sur 7,2 millions d’injections en France sans que cela soit pour autant médiatisé.

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