#TwitterFiles : Elon Musk publie des mails internes explosifs de l’entreprise, l’affaire « Hunter Biden » refait surface

Le journaliste indépendant Matt Taibbi fait des révélations inédites que lui a généreusement donné Elon Musk : « Ce que vous êtes sur le point de lire est le premier volet d’une série, fondée sur des milliers de documents internes obtenus par des sources chez Twitter. Les “Twitter Files” racontent l’histoire de l’intérieur de l’une des plateformes de médias sociaux les plus importantes et les plus influentes du monde. Il s’agit d’un récit à la Frankenstein d’un mécanisme construit par l’homme qui a échappé au contrôle de son concepteur. »

Plongé dans l’intimité des mails Twitter, le journaliste Matt Taibbi aperçoit d’abord une entreprise qui fait son travail de façon exemplaire jusqu’à devenir, petit à petit, une entreprise de censure jusqu’au plus haut niveau. Vous le verrez, il mettra le doigt sur les acteurs clés de cette manipulation et de ce contrôle à géométrie variable. « Dans une conception précoce, Twitter a plus que respecté sa déclaration de mission, donnant aux gens le pouvoir de créer et de partager des idées et des informations instantanément, sans barrières. Au fil du temps, cependant, la société a été lentement contrainte d’ajouter des barrières. Certains des premiers outils de contrôle de la parole ont été conçus pour lutter contre les spams et les fraudeurs financiers. Au fil du temps, le personnel et les cadres de Twitter ont commencé à trouver de plus en plus d’utilisations pour ces outils. Des personnes extérieures ont commencé à demander à l’entreprise de manipuler également la parole : d’abord un peu, puis davantage, puis constamment. »

Une fois la machine lancée, l’impunité avait pris le pas et la censure se faisait sur commande des politiques démocrates. « Les célébrités comme les inconnus pouvaient être supprimés ou revus à la demande d’un parti politique. »

Les informations révélés par Matt Taibbi attestent que Twitter est en majorité en faveur du parti démocrate et qu’à ce titre, les demandes de suppressions se faisaient selon ces affinités. « Twitter était et est toujours composé en très grande majorité de personnes d’une seule orientation politique. Il y avait plus de canaux et de moyens de se plaindre à gauche (enfin, aux démocrates) qu’à droite. »

L’histoire qui nous intéresse s’est déroulée le 14 octobre 2020 lors du scandale des révélations par le New York Post qui a publié BIDEN SECRET EMAILS, une enquête sur le contenu de l’ordinateur portable abandonné de Hunter Biden, fils de l’actuel président  des États-Unis, Joe Biden. Pour justifier la censure, il a été décrété en haut lieu que l’article sur l’ordinateur portable avait été supprimé pour violation de la politique de l’entreprise en matière de « matériel piraté ». « Twitter a pris des mesures extraordinaires pour supprimer cette histoire, en supprimant les liens et en affichant des avertissements indiquant qu’elle pouvait être “dangereuse”. Ils ont même bloqué sa transmission par message direct, un outil jusqu’ici réservé aux cas extrêmes, par exemple la pornographie enfantine. » Cette manœuvre a eu des conséquences incroyables, puisque la porte-parole de la Maison-Blanche, Kayleigh McEnany, avait été privée de son compte pour avoir tweeté sur l’histoire de l’ordinateur portable de Hunter Biden.

Autre révélation du journaliste indépendant : tout s’est fait dans le dos de l’ancien PDG de Twitter. « La décision a été prise au plus haut niveau de l’entreprise, mais à l’insu du PDG Jack Dorsey, l’ancienne responsable des affaires juridiques, de la politique et de la confiance Vijaya Gadde ayant joué un rôle clé. » Une fois les censures de haut niveau effectuées, il est difficile de revenir en arrières et des dissensions se font sentir en interne. Le responsable des communications, Trenton Kennedy, écrira : « J’ai du mal à comprendre la base politique qui justifie le fait de marquer cela comme dangereux. Nous allons faire face à des questions difficiles à ce sujet si nous n’avons pas une sorte de raisonnement solide pour marquer le lien [NDLR : lien de l’article du New York Post sur Hunter Biden] comme dangereux. » C’est ainsi qu’un ancien employé a caractérisé la décision. « Le piratage était l’excuse, mais en quelques heures, à peu près tout le monde comprit que ça ne tiendrait pas. Mais personne n’a eu le courage de revenir sur sa décision. »

Loin de vouloir s’arrêter en route, Vijaya Gadde garde le cap en s’appuyant sur violation de la politique de l’entreprise en matière de « matériel piraté » pour censurer à tout de bras. C’est alors que les choses se corsent puisque Lauren Culbertson, responsable de la politique publique de Twitter « reçoit une lettre/un rapport épouvantable de Carl Szabo, du cabinet d’études NetChoice, qui a déjà interrogé 12 membres du Congrès – 9 républicains et 3 démocrates, depuis “la commission judiciaire de la Chambre jusqu’au bureau de la représentante Judy Chu”. » NetChoice fait savoir à Twitter qu’un « bain de sang » l’attend lors des prochaines audiences du Congrès.

Voici le premier jet de révélations de Twitter résumé par Le Média en 4-4-2.