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Un amendement déposé visant à interdire de diffuser des photos ou vidéos de policiers sans leur accord

Voilà un amendement qui devrait fortement séduire les macronistes qui se servent souvent de l’actualité pour restreindre chaque fois un peu plus les libertés publiques. Sachant que récemment, des policiers ont reçu des lettres de menaces anonymes, cet amendement viserait à protéger du même coup leur identité, en particulier lors des manifestations ou certains ne masquent pas leurs visages.

Or, sachant qu’un nombre croissant de policiers ne portent aucun numéro d’identification pendant les manifestations, si en plus le gouvernement interdit la diffusion des images des exactions commises par la police, cela va renforcer d’autant plus l’impunité des « forces de l’ordre ». D’ailleurs, du coup, pas de vidéos c’est aussi pas de preuves. Pratique ça.

Dans le même temps, certains syndicats de police se sont permis dernièrement de nommer des journalistes comme étant des ennemis de la police, les affublant de sobriquets provocateurs comme « imposteur » ou « usurpateur ». Fawkes

AMENDEMENT
présenté par

M. GRAND
ARTICLE ADDITIONNEL APRÈS ARTICLE 6 BIS C (NOUVEAU)

Après l’article 6 bis C (nouveau)

Insérer un article additionnel ainsi rédigé :

Après l’article 35 quater de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, il est inséré un article 35 quinquies ainsi rédigé :

« Art. 35 quinquies. – Lorsqu’elle est réalisée sans l’accord de l’intéressé, la diffusion, par quelque moyen que ce soit et quel qu’en soit le support, de l’image des fonctionnaires de la police nationale, de militaires ou d’agents des douanes est punie de 15 000 euros d’amende. ».

A l’occasion de mouvements sociaux comme celui des gilets jaunes, les forces de l’ordre ont été régulièrement filmées par des manifestants dans le cadre de leur opération de maintien de l’ordre.

Ainsi de nombreuses images de policiers ont été diffusées sur les réseaux sociaux, les rendant facilement identifiables et donc potentiellement des cibles avec leur famille (conjoint et enfants).

Plusieurs notes et mémos, dont la note n° 2008-8433 du 23 décembre 2008 de la direction générale de la police nationale, précisent les règles d’enregistrement et de diffusion éventuelle d’images et de paroles de fonctionnaires de police dans l’exercice de leurs fonctions.

Il est rappelé que les policiers ne bénéficient pas de protection particulière en matière de droit à l’image, hormis lorsqu’ils sont affectés dans certains services définis et hormis les cas de publications d’une diffamation ou d’une injure à raison de leurs fonctions ou de leur qualité.

La liberté de l’information, qu’elle soit le fait de la presse ou d’un simple particulier, prime ainsi sur le droit au respect de l’image ou de la vie privée dès lors que cette liberté n’est pas dévoyée par une atteinte à la dignité de la personne ou au secret de l’enquête ou de l’instruction.

Les policiers ne peuvent donc pas s’opposer à l’enregistrement de leur image lorsqu’ils effectuent une mission et à l’éventuelle diffusion de cet enregistrement sauf dans certaines circonstances particulières.

Il n’existe aujourd’hui aucune contrainte légale permettant aux policiers de demander le floutage de leur visage avant la diffusion des images afin de préserver leur anonymat qui est la garantie de leur efficacité mais aussi de leur sécurité.

Il est donc proposé de sanctionner la diffusion de l’image des forces de l’ordre en absence de leur accord.

Source: Sénat

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