Bien que la campagne de vaccination contre le Covid-19 ait démarré avec un certain retard en France, elle atteint aujourd’hui un bon rythme avec quelque 600 000 doses injectées par jour. Or elle risque de se heurter au refus « des hésitants et des opposés à la vaccination », constate l’Académie nationale de médecine.

Le vaccin contre le Covid-19 devrait être obligatoire, estime l’Académie nationale de médecine.

Dans un communiqué publié ce 25 mai, l’Académie constate qu’« obligation » n’est pas « un gros mot » quand il s’agit de vaccination contre le Covid-19. Elle rappelle que la France a dépassé, le 15 mai, 20 millions de primo-vaccinations, soit 30 % de la population française, et que l’objectif est d’atteindre 30 millions de personnes primo-vaccinées à la mi-juin.

Toutefois, « il sera très difficile d’obtenir avant la fin de l’été un taux de couverture vaccinale qui assurerait une immunité collective suffisante pour contrôler l’épidémie, soit 90 % de la population adulte ou 80 % de la population totale (enfants inclus) », indique le communiqué.

Les réticents

Et il ne s’agit pas uniquement du manque de vaccins, car leurs livraisons permettent d’atteindre et de maintenir un rythme de 600 000 doses injectées par jour. Le problème viendra des hésitants et des opposés à la vaccination.

« L’importance de ces deux catégories récalcitrantes [est] actuellement estimée à 15 % pour chacune d’elles », souligne l’Académie.

Elle rappelle que le pays a traversé une période de pénurie de vaccins, rendant obligatoire « une priorisation évolutive des candidats à la vaccination », mais que la situation a changé aujourd’hui.

« Les perspectives d’un approvisionnement croissant risquent de placer la France devant le paradoxe d’un excédent de doses face à une couverture vaccinale insuffisante. »

Qui plus est, l’extension de la vaccination aux adolescents et enfants, nécessaire pour l’acquisition d’une immunité collective, risque de se heurter à un autre obstacle, celui de « la réticence de parents ».

Les recommandations

Toujours selon le communiqué, l’obligation vaccinale pour le Covid-19 était jusqu’ici « rejetée sur l’argument réaliste du manque de vaccins », mais une telle mesure avait été appliquée en France pour plusieurs maladies, dont la variole, la diphtérie, le tétanos, la tuberculose et la poliomyélite. Les vaccins actuellement homologués en France « permettent de recourir à l’obligation vaccinale face à une épidémie redoutable », souligne l’Académie, indiquant qu’ils ont « un taux d’efficacité de 90 à 95 % contre les formes graves » de la maladie.

Cela étant, l’Académie nationale de médecine recommande de mettre en œuvre le « passe vaccinal » et de rendre la vaccination exigible dans plusieurs cas, notamment pour l’exercice de toute activité professionnelle essentielle et des activités professionnelles comportant un contact avec le public, en préalable à toutes les activités comportant déplacements ou rassemblements ainsi que pour les donneurs de sang, de tissu ou d’organe et les étudiants avant la rentrée universitaire 2021.

Source : fr.sputniknews.com

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