Véran nous assure que le coût de nos factures d’énergie ne va pas exploser

Quand Véran assure quelque chose, il faut évidemment se préparer au contraire. C’est la crise covidiste, séquence des mensonges les plus énormes, qui nous l’a appris. Viré du poste de ministre de la Mauvaise Santé des Français, le désinformateur officiel du gouvernement récidive avec la crise énergétique. On l’écoute au micro de BFM TV, relayé par le site upday.com.

Olivier Véran, le porte-parole du gouvernement, a lui assuré que « ce qui se passera en France, n’est pas ce qui se passe en Angleterre où le prix de l’énergie augmente d’un seul coup de 80 % ». « Nous continuerons d’avoir un mécanisme d’atténuation », a-t-il ajouté. « Nous allons atténuer la hausse des prix pour les Français avec très probablement un regard encore plus appuyé pour les catégories populaires et les entrées de classes moyennes comme nous l’avons fait depuis le début de cette crise de l’inflation ».

Le « mécanisme d’atténuation », c’est quoi, en langage non oligarchique ? C’est « ça va monter, mais progressivement, comme ça vous allez pas (trop) le sentir ». Il y aurait une image qui fonctionnerait bien pour illustrer cette méthode, un truc qui fait mal si on y va trop fort, d’un coup sec, mais on va rester polis. On préférera l’image de la grenouille dans l’eau froide, plus facile à ébouillanter progressivement que si on la jette d’un coup dans l’eau brûlante.

Véran assure que les plus fragiles (ou fragilisés par le macronisme) seront aidés, et là on ne peut que le croire, car c’est déjà le cas, un principe de solidarité bas-bas et pas haut-bas qui pèse sur les factures des foyers solvables : on paye tous pour ceux qui ne peuvent pas payer. Les augmentations de ces dernières années, alors que le coût du kilowatt/heure chez nous était le moins cher d’Europe, viennent de là, et aussi parce qu’il fallait rembourser ce fameux compteur Linky, qui produit consommations et factures surévaluées. Linky, c’est un sale coup porté aux Français.

Un deuxième élément est à prendre en compte dans l’explosion des factures – pour les Français solvables – à venir : la fin programmée du bouclier tarifaire. En gros, un mécanisme fiscal qui amortit les hausses des prix de gros de l’énergie brute. Là encore, il faut traduire : l’État prend énormément de taxes sur l’énergie – on pense au pétrole qui ne coûte pas énormément cher à la base, mais qui finit surtaxé pour l’automobiliste –, il peut donc amortir certaines hausses en se gavant moins. Oui, mais l’idée, comme toujours, est de charger le cochon de payant.

Et c’est ce qu’il va se passer, car l’État doit rembourser, chaque année, sur son budget, 35 milliards (hors frais bancaires) de charge de la dette, c’est-à-dire les intérêts sur ses gros emprunts. Et ça, c’est du vrai argent qui part dans la poche des financiers, qu’ils soient nationaux ou internationaux. Voilà pourquoi l’État macronien dégraisse à mort dans les services publics, voilà pourquoi il ne peut et ne veut pas réembaucher ces milliers d’infirmières et de pompiers qui manquent cruellement dans nos CHU et nos SDIS, qu’il vire les agents des Eaux et Forêts, plus ceux des centrales nucléaires à l’arrêt, qui ne sont évidemment pas remplacés, etc. Tout le merdier vient de là.
En haut lieu, on préfère donc parler de hausse des prix due à Poutine que de destruction programmée des services publics, qui date d’avant le 24 février 2022.

Les chiffres donnent le tournis. En un an, le prix de gros du gaz a été multiplié par 20 (d’environ 15 à 320 euros le MWh) et celui de l’électricité par plus de 10 (d’environ 85 à 1 100 euros le MWh) sur le marché européen. Des sommes records, comme le souligne Les Échos, qui pourraient continuer à grimper. La faute notamment à la guerre en Ukraine, qui a provoqué une nette augmentation des prix du gaz. Dans l’Union européenne, plusieurs pays ont été contraints de répercuter cette hausse sur la facture énergétique de leurs concitoyens : les Anglais vont devoir payer leur électricité près de huit fois plus cher dans les semaines à venir et nombreux sont ceux qui appellent à refuser de passer à la caisse.

La presse, bonne fille, pour ne pas dire plus, relaie la propagande gouvernementale qui veut faire croire que « ben ma bonne dame, y a pas d’autre moyen que de vous faire passer à la caisse ». Mais il y a une réalité, dont on se demande si elle n’a pas été calculée : frapper les peuples européens (et français) au porte-monnaie, leur faire payer la crise bancaire, l’immigration de masse, la baisse du taux de profit, tout ce qui découle de la politique néolibérale d’aujourd’hui.

Comme un scénario cynique bien rôdé, le Président et ses ministres jouent aux good cop/bad cop : quand Véran et Le Maire assurent que le bouclier tarifaire (une augmentation du prix de l’électricité limitée à 4 % et le prix du gaz gelé) va protéger les Français jusqu’en février 2023, Macron annonce « la fin de l’abondance », avec un hiver qui ne sera pas à ranger dans la case réchauffement climatique. Le Premier ministre entre dans la danse, car nos gouvernants sentent que ça peut mal se passer. Ils emploient tous le verbe ou l’adjectif substantivé rassuré.

« Nous garderons des dispositifs pour amortir les hausses des prix de l’énergie. Et nous prendrons des dispositions spécifiques pour accompagner les plus fragiles. Les Français peuvent être rassurés, nous amortirons les hausses, nous n’allons pas laisser les prix de l’énergie exploser. » (Bornstein dans Le Parisien du 27 août 2022)

Ce qu’il faut garder dans cette communication, c’est « exploser », pas « rassurés ». Les Français vont se prendre une bombe atomique budgétaire sur la gueule, et l’empathie soudaine de nos dirigeants a évidemment quelque chose de louche.

Concrètement, les plus pauvres (6 millions de ménages !) bénéficieront d’un chèque énergie (actuellement de 100 balles par an, mais qui devrait osciller entre 40 et 277 euros), les autres se prendront une hausse de 10 à 20 % dans la gueule, comptez plutôt 40 ou 50 % car « cela va dépendre également largement de l’évolution des prix sur les marchés », révèle une source au Parisien.

Le gouvernement sait que la facture énergétique va augmenter pour les Français, alors qu’on pourrait acheter du gaz russe (c’est niet pour Macron, qui obéit à Biden, qui lui-même obéit au pouvoir profond US) et qu’une dizaine de nos centrales sont à l’arrêt, officiellement parce qu’elles seraient vétustes. En réalité, tout a été fait pour ne pas les entretenir, c’est un programme d’État, et de l’État néolibéral, c’est-à-dire antifrançais.

On appréciera la sortie de Véran, tout en solidarité :

« Je fais partie des 10 % de Français qui ont les revenus les plus élevés, je considère que je peux faire un effort supplémentaire pour acquérir de l’énergie, je ne suis pas dans la même situation que quelqu’un au Smic qui a la prime d’activité et qui ne peut pas faire face à une hausse de plusieurs dizaines d’euros du prix de son énergie… »

Le perroquet du pouvoir néolibéral qui détruit la France à petit feu en a lancé une bonne, à la fin : « le gouvernement ne laissera pas les prix s’envoler pour tout le monde ». Ce que commente le site upday.com : « Sous-entendu : ces prix s’envoleront pour d’autres malgré tout… »

On admirera aussi sa sortie sur le prix du gaz, actuellement gelé, et le « message de sobriété » :

« On ne pourra pas geler indéfiniment le prix du gaz. Il fallait amortir une partie du choc, mais je pense qu’on est allé un peu trop loin et que ce n’est pas une bonne idée que l’État prenne à sa charge tout le coût de la crise énergétique. Maintenir le gel du prix du gaz serait contradictoire avec le message de sobriété. »

Nous allons donc nous retrouver avec des périodes bleues et rouges, comme pour les tarifs du TGV à ses débuts, les périodes rouges étant celles où il faudra chauffer ou consommer le moins possible, parce que ce sera très cher. Cette répression économique concerne les ménages et les entreprises.

En un mot : l’hiver sera chaud. Socialement.

Source : egaliteetreconciliation

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