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Violée plusieurs fois par 22 pompiers de Paris entre ses 13 et 15 ans, ses bourreaux seront poursuivis pour atteinte sexuelle en réunion, et non viol aggravé.

Elle parle de « honte », de « mépris ». Huit ans après sa plainte contre des pompiers pour d’innombrables viols survenus quand elle avait entre 13 et 15 ans, Julie* a appris que ses bourreaux seront poursuivis pour atteinte sexuelle en réunion, et non viol aggravé.

Julie a été violée plusieurs fois par 22 pompiers de Paris entre ses 13 et 15 ans. Handicapée à 80 % …

https://twitter.com/Conflits_FR/status/1286224758745575424

Le piège de « l’amitié »

Julie n’a que 13 ans quand elle rencontre P. Il fait alors partie de l’équipage l’ayant secourue lors d’une crise de spasmophilie, dans son collège du Val-de-Marne. Mais le pompier, âgé, lui, de 20 ans, a récupéré son téléphone sur la fiche d’intervention. Il la recontacte et une amitié se noue… Du moins le croit-elle.

« Un jour, alors que ma mère s’était absentée, il m’a posée sur le lit, s’est assis à califourchon sur moi et m’a violée. A partir de là, ma vie a basculé pour devenir un enfer… » raconte Julie, évoquant des « pressions » et une mise en condition psychologique.

Une autre fois, P. vient la chercher chez ses parents, sous prétexte d’une promenade. Il l’amène en fait chez lui, où elle décrit un viol en réunion avec deux autres collègues. Au plus mal, Julie commet sa première tentative de suicide, se scarifie, enchaîne crises d’angoisse et de tétanie, nécessitant plus de 130 interventions des pompiers entre 2008 et 2010. « Ils connaissaient parfaitement mon âge et les traitements que je prenais. Non, je n’étais pas consentante ! » souligne-t-elle.

« J’étais devenue leur objet sexuel »

A l’époque, l’adolescente est gavée aux antidépresseurs, aux neuroleptiques et aux anxiolytiques. « Je n’avais pas la capacité de m’opposer, j’étais un légume… Mon esprit se déconnectait, j’attendais juste qu’ils terminent », poursuit-elle. Les soldats du feu n’y voient, eux, qu’une « fille facile » dont on se transmet le numéro. Les rapports sexuels se multiplient dans des parcs, des parkings, sur des capots de voiture et même dans les toilettes de l’hôpital pédopsychiatrique où elle séjourne.

« J’étais devenue leur objet sexuel », résume la jeune femme qui, en 2010, porte plainte. Elle dénoncera une vingtaine de pompiers, âgés de 20 à 35 ans qui, pour la plupart, ont reconnu les rapports sexuels. Tous expliquent qu’elle était demandeuse, avoir ignoré son âge et son état psychique.

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