Violences sexuelles : Damien Abad nommé ministre malgré un signalement adressé à LREM

Ce dimanche, l’Observatoire des violences sexistes et sexuelles en politique confirme à franceinfo avoir envoyé « un signalement » à LREM et LR concernant le nouveau ministre Damien Abad. Il est accusé de viol par deux femmes, des faits qu’il réfute.

Selon franceinfo ce dimanche, confirmant une information de Mediapart, l’Observatoire des violences sexistes et sexuelles en politique a bien envoyé un « signalement par mail » à La République en Marche et Les Républicains concernant Damien Abad. Nommé ministre des Solidarités, de l’Autonomie et des Personnes handicapées vendredi, Damien Abad est accusé de viol par deux femmes. Des faits qui remontent à 2010 et 2011 d’après Mediapart.

Le parquet de Paris confirme avoir « été destinataire le 20 mai d’un signalement émanant de l’Observatoire des violences sexistes et sexuelles », créé en février par des féministes à l’origine du mouvement #MeTooPolitique. Ce signalement est actuellement « en cours d’analyse », a précisé le parquet.

Damien Abad conteste les accusations

L’une des victimes supposées, qui n’a pas pour le moment déposé plainte, témoigne sur Mediapart, expliquant avoir été droguée par l’ancien patron des députés LR puis violée dans une chambre d’hôtel. Une première femme a accusé Damien Abad et a déposé plainte à deux reprises : « Une première plainte déposée pour des faits de viol a été classée sans suite le 6 avril 2012 du fait de la carence de la plaignante » et « une deuxième plainte déposée par la même plaignante pour les mêmes faits a été classée sans suite le 5 décembre 2017, après une enquête préliminaire, faute d’infraction suffisamment caractérisée« , explique le parquet de Paris à franceinfo.

Damien Abad dit contester « avec la plus grande force » ces accusations et dénonce « une tentative évidente de déstabilisation à un moment clé de [son] parcours politique« . « Les relations sexuelles que j’ai pu avoir tout au long de ma vie ont toujours été mutuellement consenties« , ajoute-t-il dans un communiqué.

L’Observatoire des violences sexistes et sexuelles explique à franceinfo avoir prévenu les cadres des deux partis, LREM et LR : « Nous avons transmis le signalement par mail à Stanislas Guérini, Christophe Castaner, Bérangère Couillard et Aurélien Pradié« . Ce mail a été envoyé une première fois le 16 mai, puis une relance a été transmise les 19 et 20 mai, soit juste avant la nomination de Damien Abad au gouvernement.

Dans l’article de Mediapart, Christophe Castaner dit n’avoir rien reçu, quand Aurélien Pradié et Stanislas Guérini expliquent n’avoir pas consulté leur boîte mail.

Elisabeth Borne « pas au courant »

En déplacement dans le Calvados dimanche, la Première ministre a déclaré qu’elle n’était « bien évidemment (…) pas au courant » de ces accusations. Elisabeth Borne a affirmé avoir « découvert l’article de Mediapart hier [samedi]« .

« Je vais être très claire, sur tous ces sujets de harcèlement, d’agressions sexuelles : il ne peut y avoir aucune impunité« , a-t-elle souligné, disant vouloir « continuer à agir pour que les femmes qui peuvent être victimes d’agression ou de harcèlement puissent libérer leur parole, qu’elles soient bien accueillies pour déposer plainte« .

Damien Abad va-t-il rester au gouvernement ? Elisabeth Borne dit s’en remettre à la justice : « Je n’ai pas plus d’éléments que le fait que l’affaire a été classée sans suite, je peux vous assurer que s’il y a de nouveaux éléments, si la justice est à nouveau saisie, on tirera toutes les conséquences de cette décision« .

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