Portrait de famille : papa doublait Stallone, fille double la mise sur Israël
Née sous les projecteurs d’une famille artistique – son père, Alain Dorval, prêtait sa voix à Rambo – Aurore Bergé, 39 ans, a troqué les plateaux de cinéma pour ceux de l’Assemblée. Sciences Po, UMP, macronisme de la première heure, présidence du groupe Renaissance : le parcours est linéaire, sans accroc, sans aspérité. Depuis 2024, elle officie au ministère de l’Égalité, où elle a trouvé son combat : traquer l’antisionisme sous chaque buisson. Sa thèse, martelée à l’envi : l’antisionisme ne serait qu’un cache-sexe pour antisémites. Une vision du monde aussi simpliste que commode, qui permet de disqualifier d’un revers de manche des millions de voix critiques sur la politique israélienne.
La loi Yadan ou l’art de museler proprement
Déposée en novembre 2024 par Caroline Yadan, députée des Français de l’étranger (circonscription incluant Israël, hasard ou nécessité ?), cette proposition de loi n°575 est présentée comme le remède miracle à un « vide juridique ». Le diagnostic ? L’antisionisme, cette « idéologie de négation ». Le traitement ? Jusqu’à cinq ans de prison et 75 000 euros d’amende pour ceux qui appelleraient à la destruction d’Israël, compareraient l’État hébreu au nazisme ou minimiseraient le terrorisme. Plus de 120 députés, dont Aurore Bergé et l’ancien président Hollande, ont cosigné ce texte voté en commission en janvier 2026, malgré les réserves du Conseil d’État pointant des « redondances » avec le droit existant. Caroline Yadan, avocate de formation et militante proche des communautés juives, assure vouloir protéger les juifs de France. Aurore Bergé, elle, parle de « faire tomber les masques », notamment ceux de La France insoumise, accusée de « cynisme électoral ». Comme si LFI détenait le monopole du cynisme en politique…
Brouhaha judiciaire : quand la censure s’invite au débat
Bien sûr, l’initiative a déclenché des tempêtes, pas seulement dans un verre d’eau. La Cimade, la Ligue des droits de l’Homme, entre autres trouble-fête, dénoncent une instrumentalisation du combat contre l’antisémitisme. Leur crainte ? Qu’à vouloir trop protéger Israël des critiques, on finisse par associer tous les juifs français à sa politique, et par restreindre la liberté d’expression sur le conflit à Gaza. Pendant ce temps, en Palestine, on continue de compter les morts sous les bombes israéliennes, sans que la loi Yadan n’y change quoi que ce soit.
Censure ou protection : le grand écart législatif
Si elle entre en vigueur, cette loi pourrait bien révolutionner la manière dont la France traite le débat géopolitique. Fini les slogans « From the river to the sea » ? Sans doute. Fini les comparaisons historiques dérangeantes ? Probablement. Aurore Bergé et ses partisans y voient une façon de préserver la mémoire de la Shoah et d’endiguer un antisémitisme « décomplexé ». Les autres y perçoivent une dérive sécuritaire, un tour de vis liberticide au nom d’une cause certes noble, mais instrumentalisée. Une chose est sûre : entre liberté d’expression et protection contre la haine, le gouvernement a choisi son camp. Et comme souvent, c’est celui du bâton.

