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Jérôme Rodrigues répond à Macron : Un jour, tu as dit « qu’ils viennent me chercher » … ils sont venus et tu t’es caché

Jérôme Rodrigues

« Un jour, tu as dit “qu’ils viennent me chercher”… ils sont venus et tu t’es caché !! » Le 17 octobre 2026, Jérôme Rodrigues répond à Emmanuel Macron sur X en reprenant l’une des phrases les plus connues du président. La figure des Gilets jaunes réagit à un message dans lequel le chef de l’État condamne les violences commises pendant la journée de mobilisation et soutient les forces de l’ordre.

Huit ans après sa déclaration de juillet 2018, Emmanuel Macron voit ainsi ses propres mots utilisés pour contester sa posture face à la colère sociale. Mais la référence a changé de contexte : à l’origine, elle concernait l’affaire Benalla. Et l’accusation de s’être « caché » relève ici de la polémique politique, sans établir ce que le président faisait au moment des manifestations.

Une réponse de Jérôme Rodrigues qui vise directement Macron

Le président condamne les violences et soutient les forces de l’ordre

Dans sa publication du 17 octobre, Emmanuel Macron commence par écrire : « Aucune place pour la violence dans notre République. » Il annonce que les auteurs des attaques contre des commerces et des bâtiments publics seront poursuivis et punis, puis exprime le soutien de la Nation aux forces de l’ordre.

La fin du message, absente de la capture, est reproduite dans une dépêche de l’AFP publiée par TVA Nouvelles. Macron y appelle à faire bloc contre ceux qu’il accuse de vouloir abattre les institutions. Il leur reproche aussi d’empêcher l’expression des revendications pacifiques.

Cette dernière partie compte pour comprendre sa déclaration : le président distingue les auteurs de violences des personnes qui manifestent pacifiquement. Son annonce de sanctions exprime une position politique et une volonté de réponse judiciaire ; elle ne constitue pas, en elle-même, le constat d’une condamnation déjà prononcée.

En juillet 2018, une phrase prononcée pendant l’affaire Benalla

Le « Qu’ils viennent me chercher » renvoie au 24 juillet 2018. Ce soir-là, Emmanuel Macron s’exprime devant des membres de sa majorité à la Maison de l’Amérique latine, à Paris, alors que l’affaire Benalla provoque une crise politique.

Son collaborateur Alexandre Benalla a été identifié sur des images de violences commises contre des manifestants le 1er mai. Les révélations suscitent des questions sur le fonctionnement de l’Élysée et sur la réponse apportée à ces faits. Face à ses soutiens, Macron revendique sa responsabilité politique et adresse cette formule de défi à ceux qui la mettent en cause.

La chronologie est essentielle : cette déclaration précède les premières grandes mobilisations des Gilets jaunes de novembre 2018. Elle n’était donc pas une réponse à ce mouvement. Rodrigues la transpose aujourd’hui dans un autre affrontement, entre le pouvoir présidentiel et une contestation sociale.

Un visage des Gilets jaunes marqué par le maintien de l’ordre

Jérôme Rodrigues s’est fait connaître au sein des Gilets jaunes par sa participation aux mobilisations et ses vidéos sur les réseaux sociaux. Dans son portrait publié en janvier 2019, Le Parisien décrit un homme passé par le commerce, alors en reconversion dans la plomberie, dont les proches soulignent les appels au calme.

Le 26 janvier 2019, il est grièvement blessé à l’œil pendant une manifestation place de la Bastille, à Paris. Il perd l’usage de son œil droit. Son parcours, documenté notamment par l’AFP, en fait un symbole du débat sur les blessures infligées lors des opérations de maintien de l’ordre.

Cette histoire éclaire sa confrontation avec le discours présidentiel sur les violences. Elle ne permet toutefois ni de lui attribuer la parole de l’ensemble des Gilets jaunes, ni de déduire de sa réponse une approbation des dégradations.

Le 17 octobre, une mobilisation sociale et des violences documentées

Les appels à manifester le 17 octobre se sont traduits par des rassemblements dans plusieurs villes. TV5MONDE cite notamment Paris, Bordeaux, Nantes, Rennes, Marseille et Saint-Étienne. La mobilisation associe des Gilets jaunes, des lycéens, des étudiants et d’autres participants autour de revendications sociales.

Les comptes rendus de presse documentent aussi des violences. Le Nouvel Obs rapporte une intrusion et des dégradations dans la mairie de Marseille, ainsi que l’incendie d’une antenne de l’office de tourisme à Lyon. À Bordeaux, RTL relaie la confirmation, par une porte-parole de la préfecture, de dégradations dans la résidence préfectorale.

Ces faits expliquent le contexte de la réaction présidentielle. Ils ne permettent pas d’assimiler tous les participants aux auteurs de violences, ni d’attribuer une responsabilité individuelle sans éléments supplémentaires.

Deux façons de présenter la journée

La portée de la réponse de Rodrigues tient à ce déplacement du débat. Macron insiste sur les violences, la protection des institutions et la possibilité de manifester pacifiquement. Rodrigues lui oppose une question de responsabilité politique : comment répondre à ceux qui contestent le pouvoir ?

Sa formule suggère un contraste entre l’assurance affichée en 2018 et l’attitude qu’il prête aujourd’hui au président. C’est une lecture politique de la journée, pas une démonstration de son absence. Le souvenir de l’affaire Benalla sert ainsi à interpeller Macron sur le terrain de ses propres mots.

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